Crédit visuel : photo de courtoisie
Entrevue réalisée par Rafaëlle Lazure – Journaliste
De l’Université d’Ottawa à la scène du Festival international de la chanson de Granby, Sophie Ash s’apprête à dévoiler son nouveau single, T’oublier, le 31 juillet. L’auteur-compositrice-interprète se prépare également à représenter l’Ontario parmi les demi-finalistes du prestigieux festival québécois le 21 août prochain. La Rotonde a rencontré cette artiste qui revendique sa langue et son identité à travers sa musique.
La Rotonde (LR) : Pouvez-vous nous parler de votre parcours?
Sophie Ash (SA) : Je fais de la musique depuis un certain temps. J’ai fait mes premiers spectacles à Ottawa, dont le Festival des sucres de Vanier et le Festival franco-ontarien. En 2022, j’ai sorti un projet en anglais, mais, depuis quelques années, j’ai retravaillé mon projet musical en écrivant des chansons en français. Ma musique est très nostalgique, j’aime travailler avec la douceur, mais aussi la puissance vocale, ce qui crée un univers assez nuancé.
Au niveau personnel, j’ai grandi à Ottawa, mais j’ai des origines belges et libanaises. Mon identité culturelle est un thème dont je parle souvent dans mes chansons à venir.
LR : Vous êtes diplômée de l’Université d’Ottawa. Quel rôle cette période a-t-elle joué dans votre développement en tant qu’artiste ?
SA : J’ai obtenu mon baccalauréat en sciences de la santé en 2025. En effet, j’ai commencé à professionnaliser mon projet dans mes dernières années de bac. J’ai appris à trouver un équilibre entre mon art et l’école. Il y a eu des moments où ce n’était vraiment pas facile, mais jusqu’à date, je pense que j’ai bien réussi à pouvoir vivre ma passion tout en travaillant dans mon domaine.
J’ai également pu rencontrer d’autres artistes à l’université. Il y a une super belle communauté de musiciens tant francophone que anglophone. J’ai fait plusieurs spectacles à l’université, donc ça m’a aidé à lancer ma carrière.
LR : Vous évoluez comme artiste franco-ontarienne dans un contexte où le français est minoritaire. Comment cette réalité influence-t-elle votre carrière?
SA : Le français est ma première langue, j’ai fait mes études en français, et je m’investis beaucoup dans la communauté francophone. Par exemple, j’ai eu la chance de jouer sur la Nouvelle Scène Gilles Desjardins pour le spectacle de fin d’année de l’APCM (Association des professionnels de la chanson et de la musique) et OMIC (Coalition de l’industrie musicale d’Ottawa). Cette expérience m’a fait réaliser que peu importe la langue dans laquelle je joue, ce qui importe, c’est que le public puisse partager la musique avec mois. Donc, je suis quand même vraiment fière de pouvoir créer de la musique en français, même dans un contexte minoritaire.
LR : Selon vous, quels sont les plus grands défis, mais aussi les plus belles occasions d’être une artiste francophone en Ontario?
SA : Des défis, je dirais que c’est faire entendre notre musique dans des marchés francophones plus larges. La communauté franco-ontarienne a souvent eu besoin de lutter pour sa place et c’est tout aussi vrai pour les musicien.ne.s s. À vrai dire, on est toujours en train de chercher à intéresser le public, à prouver qu’on existe et que notre art est aussi valide que celui d’un artiste qui écrit en anglais, en espagnol ou dans n’importe quelle autre langue.
Il y a aussi des avantages. Ici, on a de plus en plus de ressources. J’ai été très chanceuse et j’ai découvert l’APCM durant mes premières années et ils m’ont offert beaucoup de soutien. Tout ce qui se passe dans ma carrière en ce moment, c’est surtout grâce à eux !
LR : Votre nouveau single T’oublier sort le 31 juillet. Pouvez-vous nous raconter comment cette chanson est née?
SA: Oui ! C’est ma première chanson produite en français complètement. Elle parle d’une nostalgie pour un amour passé. C’est une chanson qui est très personnelle. Elle me représente beaucoup au niveau musical et au niveau des paroles aussi.
J’ai collaboré avec plusieurs personnes de la communauté pour réaliser et mixer T’oublier. J’ai commencé à composer et écrire cette chanson en octobre lors d’une résidence artistique à l’APCM qui se nomme Rond Point. Finalement, je l’ai enregistrée en studio à Audio Valley.
Je vois cette chanson comme une sorte de voyage. J’espère que les auditeurs pourront, depuis la première note jusqu’à la fin, vivre cette expérience avec moi. Ressentir ce sentiment de deuil amoureux, puis le laisser aller. J’aimerais qu’ils puissent mettre des écouteurs et se laisser immerger dans toutes ces émotions-là.
LR : Vous êtes l’une des deux demi-finalistes ontariennes au Festival international de la chanson de Granby. Comment vous préparez-vous pour cette expérience?
SA : C’est un festival très réputé où il y a beaucoup d’artistes francophones connus qui sont passés par là. Donc, avoir la chance de faire un tel festival, c’est vraiment une super belle expérience.
Il y a beaucoup de préparation, physique, psychologique, émotionnelle et logistique à faire avant le jour J. On répète nos morceaux, on se remet en forme, on s’entraîne vocalement. J’ai surtout hâte de monter sur scène et m’amuser, peu importe les résultats. Et je suis très fière des trois chansons que je vais partager le 21 août, dont ma nouvelle composition !
LR : Quels sont vos projets pour la suite?
SA : J’ai toujours tellement de projets, ça ne s’arrête jamais. En ce moment, je termine d’autres chansons de collaboration en studio. Je travaille surtout sur un EP, qui parle de ce que je vis actuellement. Et puis j’ai quelques spectacles qui arrivent, des petites dates dans la région, que je vais annoncer prochainement !
LR : Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes artistes francophones qui rêvent de suivre un parcours semblable au vôtre?
SA : Ce qui m’a énormément aidé, c’est d’être entouré d’autres artistes francophones. Pendant plusieurs années, j’écrivais en français, mais je pensais toujours que, pour sortir de la musique, il fallait le faire en anglais. Grâce aux bonnes personnes, j’ai réalisé que je pouvais faire de mon art ce que je voulais !
Je dirais aussi essayer de trouver des ressources. Par exemple, l’APCM, c’est une super bonne ressource, surtout pour les jeunes. Ils ont des programmes gratuits, comme Rond Point ou Quand ça nous chante.
Finalement, n’ayez pas peur de prendre des risques, de vous lancer et de vous faire une place dans le monde de la musique !

