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Arts et culture

L’art oratoire: former les jeunes à la prise de parole en public

Crédit visuel : Ingrid Kouakou

Article rédigé par Ingrid Kouakou – Journaliste

African Action for Young and Children’s Education (AAYCE)  a organisé la troisième édition de la grande finale du Concours d’éloquence et de slam. Cet organisme basé dans la région d’Ottawa-Gatineau œuvre pour la promotion de l’éducation et l’épanouissement des jeunes. L’événement, qui s’est tenu ce 28 juin 2026  à la Maison du citoyen Gatineau, a révélé des talents au carrefour de la plume et de la parole.

L’éloquence, l’art du discours

L’éloquence, cet art de captiver, convaincre et émouvoir un auditoire par la seule force du verbe a ouvert le bal. Larmes, rires, et cris de joie, les spectateurs.trices sont passé.e.s par toute la gamme des émotions.

Plus de dix candidats se sont prêtés à l’exercice autour d’un thème introspectif «Une lettre à mon futur moi». Issu majoritairement du milieu étudiant d’Ottawa-Gatineau, ce premier groupe comptait également deux finalistes venus directement de Québec. 

Des tirades dénonçant avec humour ou gravité un «moi futur» devenu ingrat, jusqu’à la quête d’un avenir ancré dans le passé des ancêtres, les prestations se sont succédé, laissant le public suspendu à chaque mot. 

Parmi les moments forts, la finaliste Fatoumata Baldé a particulièrement marqué les esprits en lançant à son double futur:«N’acceptons jamais que le confort de demain vienne insulter la sueur d’aujourd’hui.»

Au terme des délibérations, trois orateurs et oratrices se sont hissés sur le podium. Ouedraogo Souleymane Aziz a remporté le premier prix, d’une valeur de 1 000 $, suivi d’Elodie Providence Dagbemabou Apte Mongbo, qui a obtenu la deuxième place, et de Moïse Ya Nzazi, qui a terminé troisième.

Le slam, une forme de poésie orale et urbaine

La seconde partie de la soirée a laissé place à la poésie urbaine. Cinq slameurs ont investi la scène pour déclamer leurs textes, parfois a cappella, parfois portés par un  accompagnement musical.

Ici encore, ce sont les voix de la jeunesse d’Ottawa-Gatineau qui ont résonné, inspirées par le thème «Si je savais», les artistes ont livré des performances d’une rare vulnérabilité, arrachant des larmes à l’assemblée. 

«Si tu m’avais dit que tu flirtais avec la mort, je t’aurais dit que je t’aimais encore » a lancé Ngenzi Ya Ruty Dan, qui a décroché le premier prix de la catégorie slam, d’une valeur de 500 dollars. Le jury a ensuite couronné Gnakale Chris Uriel au second rang et Nessrine Housni à la 3e place.

Un tournoi national

Cette année, AAYCE Éloquence a poussé les frontières de l’art oratoire. Porté par des présélections à Toronto, Québec, Ottawa et Gatineau, le concours a pris une dimension pancanadienne. 

Mais loin de se limiter à une simple compétition, le projet s’est imposé comme une expérience humaine grâce à une  formation à la prise de parole, au slam et au débat, attirant de nombreux visages issus des campus universitaires de la région, notamment de l’Université d’Ottawa. 

«Développer des compétences est essentiel, mais créer des liens humains l’est tout autant et nous croyons que ce sont des mains unies qui bâtissent les plus grandes choses», explique Cheickna Yacouba Sylla, président de l’AAYCE

Un avis partagé par la cheffe de projet adjointe, Marie Elisabeth Faye, qui retient une progression fulgurante de la part des participant.e.s: «C’est toujours un plaisir pour nous de voir nos candidat.e.s évoluer et se dépasser. Et ça, on le voit tous les ans, sans exception » a-t-elle affirmé.

Oeuvrer  pour l’éducation pour tous

A l’origine de ce succès se trouve une équipe de jeunes passionnés par l’action sociale. Fondée en Côte d’Ivoire, l’organisation à but non lucratif African Action for Young Children’s Education (AAYCE) œuvre pour l’éducation et la formation des enfants et des jeunes. 

Aujourd’hui, son impact s’étend jusqu’en France et au Canada. Pour mener à bien sa mission, AAYCE déploie plusieurs projets phares: Culturex (tournoi de culture générale), AAYCE Leadership (capsules vidéo inspirantes) et Déjeuner bilingue (échanges linguistiques). 

Après trois éditions, plus de 60 participant.e.s formé.e.s et 15 lauréat.e.s célébré.e.s, AAYCE tire un bilan positif. Pourtant, pour poursuivre sur cette lancée, l’organisation se heurte au nerf de la guerre: le financement. 

Reposant entièrement sur des bénévoles qui jonglent avec leurs impératifs professionnels, AAYCE lance aujourd’hui un appel aux partenaires pour consolider ses équipes et continuer à faire grandir la jeunesse. 

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