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Trois étudiants en train d'échanger dans la cour d'une université.
Actualités

L’université entre les lignes

Mayella Alexandra M'bahia
17 septembre 2026

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique

Chronique rédigée par M’bahia Mayella – Journaliste bénévole

Les premiers jours en tant qu’étudiante. L’excitation des premiers cours, les premières discussions avec les professeurs et la découverte du campus. J’avais supposé que toutes les informations cruciales me seraient fournies pendant la semaine d’orientation. Cependant, il ne m’a pas fallu longtemps pour réaliser que le véritable guide de la vie universitaire n’était pas contenu dans une brochure.  

Au-delà des brochures

Je me souviens encore de mon premier jour de cours à l’Université d’Ottawa, la tête pleine d’interrogations et d’enthousiasme à la fois. À la fin du cours, une étudiante m’a ajoutée dans un groupe de discussion où circulaient des conseils concernant le cours, des astuces pour trouver certains manuels et des ressources d’étude partagées par les étudiant.e.s des années précédentes. 

À ce moment-là, je l’ai surtout perçu comme une aide pour bien démarrer le semestre. Ce n’est que plus tard que j’ai réellement saisi la véritable signification de cette scène. En à peine quelques minutes, j’avais déjà accès à des informations que je n’avais entendues ni pendant la semaine d’orientation ni dans les documents qui m’avaient été remis. 

Aujourd’hui, avec un peu de recul, et plus de maturité, je dirais que les connaissances les plus utiles ne viennent pas toujours de l’université elle-même. Elles se transmettent entre étudiant.e.s, presque naturellement. Comme si chacun.e recevait, à son arrivée, un savoir que le.la précédent.e lui léguait avant de partir.

Oser aller vers les autres 

Je me souviens d’un de mes professeurs au secondaire qui nous répétait souvent que les réponses à nos questions se trouvaient dans ce que nous apprenions en classe. Pendant longtemps, j’ai cru que l’expérience universitaire se déroulerait de la même manière. Je croyais que toutes les informations dont j’aurais besoin seraient acquises durant les cours ou à partir des documents que l’on nous avait fournis. 

Quand je suis arrivé à l’université, je considérais les clubs et les associations étudiantes comme des lieux pour se faire de nouveaux amis et s’impliquer dans des activités. En tant qu’étudiante internationale, tisser des liens faisait déjà partie de mon adaptation à un nouvel environnement. Mais ces rencontres m’ont rapidement apporté bien plus que de simples connaissances.

À travers plusieurs discussions, j’ai eu la chance de découvrir des opportunités de bénévolat. Écrire ces quelques mots dans le journal La Rotonde est le résultat même d’une de ces nombreuses conversations que j’ai eues. C’est aussi à travers ce type d’échanges que j’ai découvert des espaces où je pouvais m’impliquer et développer mes compétences au-delà de mes cours.

"Il arrive qu'on s'inscrive à un club étudiant juste pour essayer quelque chose de nouveau. Puis, après quelques semaines, on réalise qu'on a gagné bien davantage : des contacts précieux, des chances de s'engager comme bénévole, ou même des personnes disposées à partager leur savoir-faire."

Rejoindre un club, participer aux activités proposées sur le campus ou simplement échanger avec ses pairs entre deux cours peut se révéler porteur de surprises, et c’est justement par ces instants-là que l’université se montre sous un autre jour. Les liens qu’on tisse ne servent pas uniquement à élargir son cercle d’amis. En regardant mon expérience personnelle, je peux dire qu’ ils deviennent également des réservoirs de sagesse, d’aide mutuelle et parfois même des portes vers de nouvelles possibilités. 

Une autre façon d’apprendre

Nombreux sont ceux qui pensent que l’université fonctionne avant tout comme un canal de transmission du savoir, allant des enseignants vers leurs étudiants. C’est aussi de cette manière que je la voyais en arrivant. Or, en observant les choses de plus près au cours du temps, je me rends compte qu’il existe une autre dynamique d’apprentissage, moins visible certes, mais qui n’en est pas moins fondamentale. Elle s’opère entre pairs, nourrie par des discussions informelles, des échanges en ligne ou des rencontres fortuites dans les couloirs du campus. 

En tant qu’étudiante internationale, ces échanges ont aussi joué un rôle dans mon adaptation à un nouvel environnement universitaire. Cet apprentissage ne figure dans aucun programme officiel. Il n’est soumis à aucune évaluation. Et pourtant, il façonne la vie quotidienne des étudiants et contribue réellement à leur formation. Ce sont parfois ces échanges qui permettent de mieux comprendre un environnement encore inconnu, de se sentir un peu moins perdu ou simplement d’avoir le sentiment de faire partie d’une communauté.

Peut-être faut-il y voir moins l’oubli d’une transmission de règles implicites qu’une manière pour les étudiants de tisser ensemble une université qui transcende les amphithéâtres et les salles d’enseignement.

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