Inscrire un terme

Retour
Actualités

Été: le défi d’étudier dans un campus désertique

Mayella Alexandra M'bahia
20 juillet 2026

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong

 Article rédigé par Mayella Alexandra M’bahia  ( journaliste – bénévole)

Le Campus de l’Université d’Ottawa devient l’ombre de lui-même. Les couloirs sont si vides que l’on entend les bruits de ses pas. Les quelques personnes que l’on y croise sont généralement des employé.e.s et/ou des étudiant.e.s qui travaillent sur le campus.

Aucune file d’attente devant Tim Hortons comme à l’automne. Le café ferme ses portes en période estivale, comme la plupart des kiosques alimentaires, dont Bento Sushi et le comptoir de bubble tea. Bien que désertes, l’épicerie et la boutique uOttawa restent ouvertes.

Prendre les ascenseurs du pavillon de la Faculté des sciences sociales (FSS) n’est plus un casse-tête!  Le bâtiment au mur végétal de six étages est presque vide. Aucun.e étudiant.e ne court d’une salle à l’autre pour suivre le cours. Le spectacle est semblable dans les autres pavillons.

L’édifice de la Faculté des sciences sociales abrite l’un des plus grands murs de biofiltration en Amérique du Nord. Ce mur végétal de six étages se compose de 8 000 plantes appartenant à 12 espèces différentes. Il réduit l’entrée d’air de l’extérieur, ce qui se traduit par une réduction du coût du chauffage et de climatisation. Source : Site web de l'Université d'Ottawa

La compétition de la Coupe du monde de la FIFA 2026 était une occasion de réunir quelques membres de la communauté étudiante devant un écran placé en plein air. Bien que ce soit une période tranquille, certain.e.s étudiant.e.s continuent néanmoins leur cursus académique. Terminer leurs études ou compléter leurs crédits plus rapidement est le principal objectif.

Des vacances mises entre parenthèses

Suivre des cours durant l’été implique quelques contraintes et certains ajustements, comme sacrifier des journées au soleil, ou encore accorder plus de temps à étudier que d’heures de sommeil. Plusieurs étudiant.e.s optent pour les cours d’été dans le but d’ avancer plus vite dans leur programme et alléger la charge de travail durant les sessions à venir. 

C’est notamment le choix de Thierry Sinda, étudiant en gestion internationale, qui suit des cours d’été depuis le début de son parcours universitaire dans le but d’obtenir son diplôme plus rapidement, même si cela demande plus d’autonomie : « C’est vraiment plus condensé. […] Tu dois juste faire tes trucs par toi-même, et bien t’organiser. » 

Contrairement à Sinda, Fiangaliana Rakotoharifetra, étudiante en deuxième année de psychologie, ne souhaite pas obtenir son diplôme plus rapidement, mais plutôt alléger sa charge de travail pour les prochaines sessions d’automne et d’hiver. 

Cependant, la réalité est telle que devoir concilier les cours avec le travail et la vie personnelle reste difficile, reconnaît-elle. Même si elle est consciente que le secret se trouve dans la planification,notamment avec des outils comme Google Calendar,  elle avoue qu’elle n’y arrive pas encore. 

Si pour certain.e.s étudiant.e.s suivre des cours d’été reste un choix afin d’avancer plus rapidement ou encore de soulager leur charge mentale à venir, pour d’autres il existe une tout autre réalité : les cours d’été sont une nécessité. 

Au-delà d’un simple choix

Farouk Djamane, étudiant en troisième année en sciences biomédicales, poursuit un objectif professionnel clair : devenir médecin plus tard. Pour intégrer la faculté de médecine,  il se dit contraint de s’inscrire à trois cours durant l’été : « J’avais besoin de faire monter ma moyenne générale. » Le parcours de Djamane rappelle que la décision de suivre des cours durant l’été dépend d’une personne à une autre. 

La plupart des étudiant.e.s internationaux.ales évitent de s’offrir ce luxe de prendre des cours en été, compte tenu du coût élevé des frais de scolarité pour cette catégorie. C’est le cas de Lisa Nkuru, étudiante internationale qui travaille à PIVIC durant toute l’année scolaire. 

«On a besoin de respirer, de prendre une pause. […] En tant qu’élève internationale, je ne pense pas que prendre des cours d’été serait bien pour mes parents. Je leur accorde une sorte de pause financière. » 

De son côté, Raphaëlle Tetegan, étudiante canadienne en psychologie confie que certaines obligations liées à son programme l’ont contrainte à suivre un cours pendant l’été : « J’avais besoin de remplir des exigences de cours, donc j’étais obligée de prendre mon cours d’été pour finir mon bac en quatre ans. » 

Selon les étudiant.e.s rencontré.e.s, suivre des cours durant l’été est souvent associé à un manque de repos, à l’absence de liberté ou encore à une charge de travail plus importante. Pourtant, sous une même session d’été se cachent des étudiant.e.s avec des objectifs, des contraintes et des parcours diversifiés. Cette diversité de parcours conduit à se questionner sur la conception des sessions d’été et sur leur capacité à répondre aux besoins de tous les étudiants.

Inscrivez-vous à La Rotonde gratuitement !

S'inscrire