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Première école de Viamonde à Chatham

Une école francophone publique verra le jour à Chatham

Le Conseil scolaire Viamonde a annoncé, le 21 août dernier, l’ouverture de la première école francophone publique à Chatham. L’établissement accueillera environ 215 élèves de la maternelle à la 8e année dès septembre 2027. La Rotonde s’est entretenue avec Sébastien Fontaine, directeur de l’éducation et secrétaire du Conseil scolaire Viamonde.

Crédit visuel : Courtoisie

La Rotonde (LR) : Qu’est-ce qui a motivé le Conseil scolaire  Viamonde à ouvrir une école élémentaire à Chatham ?

Sébastien Fontaine (SF) : En fait, nous, on couvre un très grand territoire dans le centre-sud-ouest de l’Ontario. Puis, on a une obligation d’offrir l’éducation de langue française là où les nombres le nécessitent ; c’est basé sur l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui assure une éducation dans la langue de la minorité et, en Ontario, dans la langue française.

Donc, on est toujours à la recherche d’ouvrir des écoles dans des zones qui sont mal desservies par l’éducation publique de langue française et, à Chatham, on n’avait pas encore d’école. Donc, c’était une zone non desservie et il y a eu une opportunité. Un conseil scolaire anglophone a mis à disposition une école dont il n’avait plus besoin. C’est pour ça qu’on a sauté sur l’occasion et qu’on a reçu le financement du ministère de l’Éducation de l’Ontario pour acheter le bâtiment. Et là, nous, on va le rénover et le préparer pour qu’il soit à la hauteur des besoins des élèves de nos jours.

LR : Qu’est-ce que l’ouverture de cette école va changer pour la communauté de Chatham ?

SF : Pour la communauté francophone à Chatham, ce qui est important, c’est que ça va permettre aux parents qui ne sont pas de confession catholique, ou aux parents qui ne souhaitent pas avoir une éducation confessionnelle d’avoir accès à une école de langue française non-confessionnelle.

Donc, on sait parfois qu’on reçoit beaucoup de nouveaux arrivants au pays qui ne sont pas de confession catholique, puis qui sont quand même francophones. Et là, l’ouverture de notre école leur donne accès à une éducation de langue française non-confessionnelle, donc une éducation publique. 

LR : Comment l’ajout d’une école francophone publique à Chatham pourrait-il offrir une nouvelle option aux parents du secteur ?

SF : À Chatham, actuellement, il n’y a pas d’école francophone publique parce qu’en Ontario, il y a quatre systèmes d’éducation complémentaires : il y a l’éducation de langue française publique, l’éducation de langue française catholique, l’éducation de langue anglaise publique et l’éducation de langue anglaise catholique. À Chatham, depuis de nombreuses années, il y avait seulement une éducation de langue française catholique.

Donc nous, on avait des écoles de langue française publique à Windsor, à London et à Sarnia, mais on n’en avait pas à Chatham. S’il y avait des enfants de Chatham ou des parents qui souhaitaient que leurs enfants fréquentent une école de langue française publique, donc non confessionnelle, la seule option, c’était Windsor, à plus d’une heure de route matin et soir pour s’y rendre.

LR : Quels sont les principaux défis pour promouvoir l’accès à l’éducation en français dans une province où l’anglais est majoritaire ?

SF : Un des défis, bien entendu, c’est d’avoir des écoles et des bâtiments qui sont proches des communautés et des parents. Parce que la distance de transport a un impact sur le choix des parents. Je ne suis pas sûr qu’un parent voudrait mettre son enfant plus d’une heure, matin et soir en maternelle pour avoir accès à l’éducation en langue française. Ça, c’est un défi. 

C’est pour ça qu’on cherche à ouvrir des écoles, parce que, plus on se rapproche des familles, plus elles viennent chez nous, elles s’inscrivent, puis ça permet de maintenir la langue française en Ontario et aussi de réduire l’assimilation, parce que, quand il n’y a pas d’école de langue française, ça ne donne pas de choix aux parents et ça devient difficile de maintenir la francophonie en Ontario.

LR : Est-ce qu’un projet de garderie pourrait également s’ajouter à l’école élémentaire de Chatham ? 

SF : Exactement ! Le financement pour les garderies vient souvent d’une entente qu’on appelle Canada-Ontario. Puis, généralement, la moitié du financement vient du fédéral et l’autre moitié vient de l’Ontario. Puis, ça vient d’un financement fédéral lié aux langues officielles et aux langues de la minorité.

On doit demander du financement pour l’entente à venir. On souhaite que, d’ici les prochaines semaines, le projet de garderie se confirme, mais ce n’est pas confirmé à ce jour.

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