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Les organisateurs de l'activité de lancement arrêtés pour une photo dans la salle Lees.
Sports et bien-être

« Une communauté pour réussir » : La faculté de médecine lance le programme Black Med Mentorship à l’Université d’Ottawa

Crédit visuel : Lise Birckel

Article rédigé par Lise Birckel – Journaliste

Black Med Mentorship (BMM), une initiative de la faculté de médecine, a officiellement lancé son programme le 10 septembre au campus Lees de l’Université d’Ottawa. Ce projet vise l’accompagnement des étudiant.e.s noir.e.s souhaitant entreprendre des études en médecine grâce au mentorat et à un réseau de soutien.

La soirée de lancement a duré environ deux heures et s’est déroulée sous forme de conférence entrecoupée de témoignages. Les participant.e.s, étudiant.e.s, parents, membres du personnel et spécialistes ont assisté à des récits de parcours marqués par des défis, des réussites et des prises de conscience.

Un temps de questions a ensuite permis d’aborder les aspects pratiques du mentorat, les critères d’admission et les ressources disponibles. La soirée s’est poursuivie par un moment d’échange libre, où les participant.e.s pouvaient discuter avec les organisateur.rice.s et les mentor.e.s, avant un dîner offert en clôture.

Un programme né d’un constat : l’isolement des étudiant.e.s noir.e.s

« J’étais la seule femme noire de mon équipe. C’était un peu difficile.», confie Eva Sadiot, étudiante diplômée en sciences biomédicales à l’Université d’Ottawa. Mentore et mentorée au BMM, elle décrit son expérience de l’isolement dans les amphithéâtres et les hôpitaux. « Même ici, dans mon programme de maîtrise que je viens de commencer, je suis la seule personne noire de ma classe », poursuit-t-elle.

En Ontario, les dernières données de recensement indiquent que les personnes noires représentent 4,7% de la population, mais seulement 2,3% des médecins de la province. Dans ce contexte de sous-représentation, le BMM vise notamment à offrir du mentorat et du soutien aux étudiant.e.s noir.e.s qui aspirent à une carrière en médecine.

Le mentorat au sein d’une communauté 

Le BMM se décrit lui-même comme « une communauté de mentors, d’étudiants et de futurs professionnels » unis pour s’accompagner et vivre une expérience solide. Plus qu’un simple programme d’accompagnement individuel (mentorat), l’initiative veut créer un environnement collectif où chacun.e peut trouver de l’information, des modèles et du soutien.

« BMM est là pour vous accompagner, répondre à vos questions, vous aider à développer votre réseau et surtout pour vous rappeler que votre rêve est légitime », a insisté le directeur du programme, Dr Salomon Fotsing, lors de la soirée de lancement. Pour lui, le programme ne se limite pas à aider scolairement : il s’agit de rappeler aux étudiant.e.s noir.e.s que leur place en médecine est réelle et que ces dernier.ère.s ont les outils pour y arriver. 

L’association s’appuie sur un modèle dit « en marche d’escalier », progressif et adapté à chaque étape du parcours. Les étudiant.e.s de première et deuxième année sont alors mentoré.e.s par des troisième et quatrième année et ces derniers sont à leur tour mentorés par des étudiant.e.s en médecine. Le ou la mentor.e est là pour guider et partager son expérience, encourager l’autonomie et communiquer régulièrement avec la personne mentorée, qui doit à son tour  participer activement, communiquer ses objectifs et mettre les conseils en pratique.

Sadiot souligne d’ailleurs l’importance du réseau, qui « peut vous soutenir et peut vous pousser vers l’avant », confie-t-elle. Être entouré.e de gens qui nous ressemblent, qui ont déjà fait le chemin, amène, selon elle, une certaine confiance et un sentiment d’appartenance. Pour Sadiot, ce sentiment s’est construit avec le temps. Elle affirme avoir appris à transformer ses doutes en force : « C’est beau d’être la seule personne noire dans la pièce. ». 

Selon le Dr Fotsing, au-delà de la communauté, la famille demeure l’un des piliers les plus importants dans la réussite des jeunes : son soutien renforce leur confiance et les encourage à poursuivre leurs ambitions. Comme il l’a souligné, « derrière chaque jeune qui poursuit un rêve ambitieux, il y a souvent une famille qui accompagne, qui encourage et qui fait des sacrifices ».

Des initiatives pour accroître la représentation 

Le Black Med Mentorship ne part pas de zéro. À l’Université d’Ottawa, d’autres initiatives existent déjà, comme le Programme de demande d’admission des étudiantes et étudiants noir.e.s (PDAEN),une voie d’admission qui vise à augmenter la représentation des étudiant.e.s noir.e.s en médecine. Le BMM s’ajoute à ces initiatives en offrant un accompagnement par le mentorat. 

« Vivre dans un pays aussi diversifié, aussi multiculturel, il est très important que nous ayons des prestataires de soins capables de répondre à la diversité de la population que nous servons », souligne Audrey Tatiotsop Kenou, administratrice au sein du programme BMM. 

Dre Kay-Anne Haykal, vice-doyenne des affaires francophones à la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa, abonde dans le même sens : « Un personnel soignant qui reflète la diversité de la population est mieux positionné pour comprendre les besoins des patients, favoriser la confiance et offrir des soins adaptés aux communautés qu’il sert ».

"C’est pour cela que la représentation compte, et nous soutenons pleinement ce programme pour en faire un succès, pas pour nous-mêmes, mais pour les patient.e.s noir.e.s. Et plus important encore, pour les générations futures."

- Dr Jude Mary Cénat, professeur en psychologie et directeur du groupe de recherche V-TRaC.-


		

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