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Deux professeurs assis à table en face d'une assemblée.
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L’APEUO obtient un mandat de grève, la pression s’intensifie

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique

Article rédigé par Cédric Gosselin – Journaliste

L’Association des professeur.e.s enseignant.e.s de l’Université d’Ottawa (APEUO) a annoncé, via un communiqué de presse publié le 11 septembre, que ses membres avaient voté en faveur d’un mandat de grève à la suite d’une assemblée générale spéciale tenue le 8 septembre. Ce vote survient alors que les conventions collectives sont échues depuis le 31 août 2025.

Plus de 860 membres de l’Association ont voté en faveur d’un mandat autorisant leur syndicat à recourir à des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève, si nécessaire, dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives avec l’Université d’Ottawa. 

Dans l’unité principale, l’appui au mandat atteint 88,2 %. Du côté de l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB), 73,1 % des membres ayant participé au vote se sont prononcés en faveur du mandat. Dans l’unité Toronto-Windsor, l’appui atteint 100 %.

Le vote électronique, qui s’est déroulé sur cinq jours, survient plus d’un an après l’échéance, le 31 août 2025, des conventions collectives des trois unités représentées par l’APEUO. Depuis cette date, l’Association et l’Université d’Ottawa négocient leur renouvellement, sans qu’une nouvelle entente ait encore été conclue.

Du côté syndical, le résultat du vote témoigne d’une forte mobilisation des membres. Le vice-président de la mobilisation, Luc Angers, affirme que le vote constitue un message clair à l’administration universitaire.

« Nous, on est très enchantés du résultat. Puis ça fait preuve aussi que les membres veulent se mobiliser, qu’ils sont tannés du statu quo et puis qu’ils veulent aller de l’avant. »

- Luc Angers -

Pas de grève dans l’immédiat

Avec l’obtention du mandat, l’APEUO peut désormais passer aux prochaines étapes du processus de négociation avec l’Université d’Ottawa. Cela ne signifie toutefois pas qu’une grève aura lieu dans les prochains jours ni que les cours seront interrompus. Le mandat permet plutôt à l’Association d’envisager différents moyens de pression au cours des prochaines étapes du processus.

Selon Angers, l’Association devrait déclarer officiellement l’impasse dans les négociations au cours des prochaines semaines. 

Lorsqu’on parle d’impasse dans un contexte de négociation, cela signifie que les pourparlers sont bloqués et que les deux parties n’arrivent pas à s’entendre.

Les prochaines étapes pourraient inclure la conciliation, la poursuite des discussions ou un éventuel vote de grève si aucun accord n’est trouvé.

En cas d’impasse, l’une ou l’autre des parties peut demander au ministère du Travail de nommer un conciliateur afin de tenter de rapprocher leurs positions et de favoriser la conclusion d’une entente.

« Le conciliateur, c’est un moyen de pression lors d’un processus légal pour que lorsque deux parties à la table ne s’entendent pas, ils peuvent faire appel à un conciliateur nommé par la province », explique Angers.

La sécurité d’emploi au cœur des négociations

Depuis l’expiration des conventions collectives le 31 août 2025, les membres du syndicat sont notamment soumis à un gel salarial. Plusieurs enjeux demeurent au cœur des négociations avec l’Université d’Ottawa, selon l’Association.

La sécurité d’emploi constitue l’une des principales priorités de l’APEUO. L’Association souhaite notamment que ses membres puissent obtenir des contrats d’enseignement à plus long terme, voire permanents, plutôt que de demeurer dans une situation qu’elle juge précaire.

« On veut avoir une sécurité d’emploi pour ces membres-là », explique Angers. Selon lui, les professeur.e.s enseignant.e.s jouent un rôle important dans l’enseignement des cours de première, deuxième et troisième année et peuvent, dans certaines facultés, assurer jusqu’à 80% des cours offerts.  

L’APEUO lie également la question de la sécurité d’emploi à celle de la qualité de l’enseignement. Angers souligne notamment la taille de certaines classes, qui peuvent regrouper plusieurs centaines d’étudiants.

« Comment veux-tu offrir une qualité d’éducation? », demande-t-il, estimant que des groupes de 200 ou 300 étudiants compliquent l’accompagnement des étudiants, même lorsque des auxiliaires d’enseignement sont présents.

Pour l’Association, l’amélioration des conditions de travail de ses membres est donc aussi liée aux conditions d’apprentissage des étudiants. Elle estime que la précarité des contrats et la taille des groupes peuvent avoir des répercussions sur la qualité de l’enseignement offert.

L’APEUO affirme par ailleurs, dans leur communiqué de presse publié le 8 septembre, que d’autres questions demeurent en litige, notamment certaines protections contre le harcèlement sexuel, le report des congés de maladie ainsi que l’avenir des postes d’enseignement intensif. Ces différents points devront encore être discutés à la table de négociation alors que les deux parties cherchent à parvenir à une nouvelle entente.

L’Université se dit ouverte à poursuivre les négociations

Fort d’un appui majoritaire dans ses trois unités, le syndicat dispose désormais d’un mandat lui permettant d’envisager différents moyens de pression dans la poursuite des négociations avec l’Université d’Ottawa.

Du côté de l’administration universitaire, le directeur des affaires publiques, Jesse Robichaud, assure que l’Université souhaite poursuivre les discussions avec le syndicat.

« L’Université est engagée à négocier de bonne foi et à arriver à une entente négociée avec le syndicat », affirme-t-il.

Alors que les conventions collectives sont échues depuis plus d’un an, les négociations se poursuivent entre les deux parties. Reste à voir si elles permettront la conclusion de nouvelles conventions collectives ou si l’impasse persistera. 

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