
Quatre nouvelles chaires de recherche sur le monde francophone à l’Université d’Ottawa
Le Collège des chaires de recherche sur le monde francophone (CCRMF) de l’Université d’Ottawa agrandit son réseau avec quatre nouvelles chaires, le renouvellement de deux chaires existantes et la création d’une première chaire associée à l’Université Saint-Paul. Annoncée le 11 août, cette expansion a officiellement été soulignée le 22 septembre lors d’un événement réunissant les titulaires.
Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique
Un réseau consacré à la recherche francophone
Créé en 2019 à l’initiative du Bureau du vice-rectorat à la recherche et à l’innovation, le CCRMF vise à renouveler et à dynamiser le programme des chaires de recherche sur la francophonie canadienne, qui a existé de 2004 à 2019.
Le Collège rassemble des chaires consacrées à différentes réalités de la francophonie, qu’elles soient ontariennes, canadiennes ou internationales. Cette diversité permet également de réunir des expertises provenant de plusieurs disciplines et facultés de l’Université d’Ottawa.
Selon Sylvie Grosjean, directrice du CCRMF, cette diversité permet de répondre à des demandes provenant de différents milieux. « Quand des partenaires nous contactent, on peut organiser une activité ou faire un partenariat avec des organismes communautaires sur des sujets assez variés », souligne-t-elle.
Avec cette nouvelle expansion, le Collège cherche ainsi à renforcer la recherche autour des réalités contemporaines de la francophonie. Pour Martine Lagacé, vice-rectrice associée à l’Université d’Ottawa, cette mission s’inscrit directement dans le rôle de l’établissement au sein de la francophonie minoritaire.
« L’Université d’Ottawa a pour mission de soutenir la francophonie parce qu’elle est justement dans un contexte minoritaire. […] C’est dans son ADN de soutenir la recherche francophone. »
- Martine Lagacé -
Selon elle, cette volonté se reflète notamment dans les chaires consacrées à la francophonie ontarienne. « Il y a au moins trois chaires sur les douze […] dont l’objet de recherche est la francophonie ontarienne », souligne-t-elle.
Des recherches sur différentes réalités francophones
Les quatre nouvelles chaires couvrent des domaines variés. La Chaire Senghor de Lavagnon Ika porte sur la gouvernance des projets dans l’espace francophone, tandis que Stéphanie Gaudet s’intéresse à la participation citoyenne des jeunes dans les communautés francophones. Joël Thibeault consacrera ses travaux à l’enseignement du français selon les réalités des élèves, notamment en Ontario, au Québec et en Saskatchewan.
À l’international, Kasereka Kavwahirehi étudiera quant à lui la culture des jeunes et l’imagination du futur en Afrique francophone.
À ces quatre créations s’ajoute le renouvellement de la Chaire de recherche en francophonie internationale sur les politiques du patrimoine culturel, dirigée par Jonathan Paquette, ainsi que de la Chaire de recherche en francophonie internationale sur les aspirations et mouvements politiques en Afrique francophone, dirigée par Marie-Eve Desrosiers.
Un nouveau lien avec l’Université Saint-Paul
L’élargissement du CCRMF passe également par un nouveau partenariat institutionnel. Une première chaire de recherche associée à l’Université Saint-Paul a été créée et confiée à la professeure Sophie Cloutier.
Ses travaux porteront sur les questions de pluralité et d’hospitalité dans le monde francophone. Cette chaire constitue une première pour l’Université Saint-Paul dans le cadre du CCRMF et ajoute une nouvelle dimension à la collaboration entre les deux établissements.
« L’Université Saint-Paul représente un appui de plus à la francophonie et au soutien à la recherche en francophonie à l’Université d’Ottawa… Plus on ferra de projets conjoints de recherche avec des partenaires francophones, plus ça soutiendra la francophonie », soutient Lagacé.
Des recherches qui se veulent utiles aux communautés
L’élargissement de ce réseau de recherche ne se limite toutefois pas à la création de nouvelles chaires. L’Université souhaite également que les recherches puissent avoir des retombées au-delà du milieu universitaire.
Selon Lagacé, les titulaires doivent être en mesure de partager leurs connaissances auprès des communautés. « On s’attend […] à ce qu’ils soient capables de porter leurs recherches à l’extérieur des murs universitaires, d’avoir un impact sur les communautés francophones et d’améliorer finalement la vie des francophones hors des murs universitaires », affirme-t-elle.
Pour le CCRMF, l’enjeu sera maintenant de faire circuler ces connaissances au-delà du milieu universitaire. En rapprochant la recherche des communautés francophones et de leurs réalités, le Collège entend donner une portée concrète aux travaux menés dans ses chaires.
