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Bande dessinée sur les soins de santé virtuels en français
Arts et culture

Quand la bande dessinée se met au service de la science

À l’occasion de la Journée des Franco-Ontarien.ne.s, le 25 septembre, l’Université d’Ottawa (U d’O) a organisé la causerie « Gros plan sur la bande dessinée scientifique en français ». La professeure Sylvie Grosjean et le bédéiste Martin PM y ont présenté un projet visant à rapprocher la recherche scientifique du grand public.

Crédit visuel : Tiana Drey – Créatrice de contenu

La rencontre était consacrée à la présentation des recherches ayant mené à la création de la bande dessinée (BD) Imaginons les soins virtuels du futur avec les francophones de l’Ontario : Enquête narrative et ateliers de cocréation. Créée en 2024, l’œuvre présente, sous une forme narrative et illustrée, les résultats d’un projet portant sur l’avenir des services de santé numériques pour les francophones en situation minoritaire de l’Ontario.

La BD imagine à quoi pourraient ressembler les soins virtuels du futur pour les francophones de l’Ontario. Les résultats issus des échanges et des ateliers menés dans le cadre de la recherche sont ainsi transposés en images et en dialogues.

Rendre la recherche plus accessible

Le projet de recherche visait notamment à évaluer si l’offre de soins virtuels proposée par le gouvernement de l’Ontario était perçue comme accessible et acceptable par les Franco-Ontarien.ne.s.

« Il y avait aussi la notion d’accessibilité et d’acceptabilité », explique Sylvie Grosjean, qui souhaitait notamment savoir si les francophones accepteraient ce mode de prestation plutôt qu’une consultation en personne.

Les résultats ont ensuite été adaptés sous forme de récit. Pour la chercheuse, la BD permet surtout de donner accès aux résultats de recherche à un public qui ne consulte pas nécessairement les publications scientifiques.

« Les gens ne vont peut-être pas lire nos articles scientifiques. Par contre, la bande dessinée permet d’avoir accès aux résultats de recherche,  à des enjeux de société ou à des questionnements que nous avons en recherche et qui, je pense, sont aussi importants pour la population en général », explique-t-elle.

Trouver le message juste

Pour Martin PM, l’un des principaux défis consistait d’abord à déterminer le message que l’équipe de recherche voulait transmettre. « Le premier défi, c’est de faire préciser à l’équipe de recherche son message, puis de s’assurer qu’il soit assez ciblé », explique-t-il.

Le bédéiste compare cette étape à une forme de travail journalistique. Les équipes de recherche souhaitent souvent présenter les détails et les nuances de leurs travaux, alors que la BD impose un espace beaucoup plus limité.

« Souvent, les équipes de recherche veulent entrer dans les détails et les nuances, alors que le message principal n’est pas toujours clair », souligne-t-il.

Pour lui, le travail consiste donc à trouver un équilibre entre les objectifs de l’équipe de recherche et son propre regard extérieur. Cette sélection permet également de construire le fil narratif de la BD. Certains détails peuvent être écartés lorsqu’ils risquent de détourner l’attention du lecteur du message principal.

« Il faut toujours que ce soit au service du message principal », précise-t-il. « La BD reste une mise en récit : Il s’agit de raconter une histoire. »

La recherche racontée autrement 

Du côté de Grosjean, cette expérience montre également que les chercheur.se.s peuvent s’appuyer sur différentes formes de communication pour rejoindre des publics qui ne consultent pas nécessairement les publications scientifiques.

La bande dessinée devient ainsi un outil supplémentaire pour faire circuler les connaissances produites par la recherche. Dans le cas de ce projet, elle permet de présenter sous une forme narrative les résultats d’un travail réalisé auprès des francophones en situation minoritaire de l’Ontario.

Pour la chercheuse, qui est également professeure titulaire au Département de communication de l’U d’O, la bande dessinée constitue une autre porte d’entrée vers les travaux scientifiques. Elle fait un parallèle avec les adaptations de classiques littéraires en BD : un lecteur qui ne se tournerait pas vers un ouvrage de plusieurs centaines de pages peut ainsi en découvrir le contenu sous une autre forme.

sylvie GrosJean présente les résultats des recherches sur la BD francophone.

Pour la professeure et chercheuse Sylvie Grosjean, ce projet permet de présenter autrement la recherche scientifique à un public francophone.

« On voit de plus en plus de grands auteurs classiques qui sont adaptés en bande dessinée. Quelqu’un qui ne va pas lire un auteur classique parce que le livre fait 450 pages peut ainsi y avoir accès autrement. C’est un peu pareil pour la recherche scientifique », explique-t-elle.

Cette causerie a ainsi mis en lumière une autre façon de faire connaître la recherche scientifique au public francophone. En transformant les résultats d’un projet sur les soins virtuels en récit illustré, Grosjean et Martin PM montrent comment la bande dessinée peut servir de pont entre le milieu universitaire et le grand public.

Présentée dans le cadre de la Journée des Franco-Ontarien.ne.s, la rencontre a également permis de souligner l’importance de communiquer la recherche en français et de rejoindre les communautés francophones en contexte minoritaire.

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