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Des étudiants regroupés autour d'une table lors de la foire des clubs.
Arts et culture

La semaine d’accueil : trouver sa place à l’Université d’Ottawa

Crédit visuel : Tiana Drey – Créatrice de contenu

Chronique rédigée par Nancy Mobindi – Journaliste

La rentrée est souvent synonyme de nouveau départ. Nouveau campus, nouvelles personnes, nouvelles habitudes… et parfois cette petite question : est-ce que je vais réussir à trouver ma place ? Du 4 au 10 septembre, l’Université d’Ottawa a multiplié les activités pour accueillir sa communauté étudiante. Pour ma première rentrée à la maîtrise, j’ai décidé d’en profiter.

Une première rentrée, même en maîtrise

Cette rentrée avait quelque chose de particulier pour moi. Je commençais ma première année de maîtrise en communication, à la Faculté des arts. Même après plusieurs années d’études derrière moi, je découvrais une nouvelle université, un nouveau campus et surtout de nouvelles personnes.

Avant même le début de la semaine d’accueil, voir toutes les activités proposées m’avait déjà rassurée. Je savais qu’il y aurait des occasions de sortir du cadre des cours et, surtout, de rencontrer du monde.

Lors de notre journée d’introduction, par exemple, nous avons participé à un atelier de peinture. Rien de très compliqué : des pinceaux, des couleurs et des étudiant.e.s qui ne se connaissaient pas encore vraiment. Pourtant, l’activité a naturellement créé des conversations. On peint, on regarde ce que fait la personne à côté, on rigole et, sans vraiment s’en rendre compte, on commence à faire connaissance.

C’est justement ce que j’ai retrouvé tout au long de la semaine.

Tout le monde découvre

Je n’étais visiblement pas la seule à vivre cette rentrée comme une découverte.

Pour Alvin, originaire du Rwanda et étudiant en première année en informatique et mathématiques, ainsi que Théo, étudiant suisse à l’École de gestion Telfer, il n’y avait pas forcément de programme précis. « C’est une découverte, la semaine d’accueil ! », s’exclament-ils.

Même constat chez Frankie, étudiante en histoire qui raconte être «être allée un peu partout, tous les jours. »Et je la comprends. Si cela n’avait tenu qu’à moi, j’aurais probablement essayé de participer à presque tout : pique-nique, activités créatives, sorties dans la ville d’Ottawa… Il y avait constamment quelque chose à faire.

J’ai notamment participé à une soirée salsa destinée aux étudiant.e.s du deuxième cycle supérieur. Difficile de rester dans son coin lorsqu’il faut apprendre quelques pas avec d’autres personnes ! Très vite, les échanges se créent. Et puisque nous étions entre étudiant.e.s à la maîtrise et au doctorat, nous avions déjà un premier point commun.

On ne ressort évidemment pas d’une soirée salsa avec vingt nouveaux meilleurs amis. Mais on repart avec des visages que l’on reconnaît. Et sur un campus aussi grand, recroiser quelques jours plus tard quelqu’un avec qui l’on a dansé, ri ou discuté donne déjà l’impression d’être un peu moins seul.e.

Trouver un peu de soi sur le campus

La foire des clubs a probablement été l’une de mes autres belles surprises.

En passant d’un kiosque à l’autre, j’ai découvert des groupes liés à différentes facettes de qui je suis : mes origines, mes passions, mes intérêts ou simplement des sujets que j’avais envie d’explorer. C’est assez particulier de réaliser qu’au milieu d’une université aussi grande, il existe de petites communautés dans lesquelles une partie de soi peut se reconnaître.

Les clubs permettent aussi d’aller vers des personnes que l’on n’aurait peut-être jamais rencontrées autrement. Alvin et Théo, eux, n’étaient d’ailleurs pas à la recherche d’un club précis. Ils voulaient surtout découvrir ce que l’Université avait à offrir.

La Franco Fête a prolongé cette découverte. Plusieurs organisations francophones y présentaient leurs services, dans une ambiance que j’ai trouvé beaucoup plus festive. Musique, animations et rencontres : une autre manière de découvrir la communauté universitaire sans être assis dans une salle de classe.

Une excuse pour dire bonjour

C’est peut-être ce que je retiens le plus de cette semaine : elle donne une excuse pour aller vers les autres.

« Tu as participé à quelle activité ? », « Tu as vu la foire des clubs ? », « Quel club t’intéresse ? »… Des questions très simples, mais qui deviennent facilement le début d’une conversation.

Arriver dans une nouvelle université peut être intimidant. Pourtant, comme le souligne Frankie, la semaine d’accueil fonctionne justement parce que « tout le monde est nouveau ». Pendant quelques jours, ne pas connaître les lieux ou les personnes autour de soi devient presque le point commun de tout le monde.

Aujourd’hui, je comprends mieux l’intérêt de consacrer une semaine entière à l’accueil. Ce n’est pas seulement une succession d’activités avant le début des cours. Ce sont aussi des premiers souvenirs que l’on construit ensemble.

Théo me confiait d’ailleurs à la fin de la semaine : « Je suis déçu que ce soit déjà fini ! On devrait faire ça plusieurs fois dans l’année. »

Je ne sais pas si une semaine suffit réellement pour trouver sa place à l’université. Mais pour moi, elle a suffi pour commencer à la chercher avec beaucoup moins d’appréhension. Et peut-être que trouver sa place commence simplement comme ça : reconnaître quelques visages dans les couloirs, oser parler à quelqu’un qu’on ne connaît pas encore et, petit à petit, ne plus avoir l’impression d’arriver quelque part, mais d’en faire partie.

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