
Walking Through the Fire : musique et bien-être autochtone
Le 24 septembre, le Centre Wabano accueillera Walking Through the Fire, une soirée mêlant musique, récits autochtones et collecte de fonds. La Rotonde a eu l’opportunité de s’entretenir avec Natalie Lloyd, directrice de l’administration, de la communication et de l’engagement, et directrice intérimaire des programmes au Centre Wabano, ainsi qu’avec Chris MlcKhool, violoniste du groupe Sultans of String.
Crédit visuel : Photo de courtoisie
La Rotonde (LR) : Pour commencer, pouvez-vous nous présenter le Centre Wabano et expliquer sa mission auprès des communautés autochtones ?
Natalie Lloyd (NL) : Le Centre Wabano pour la santé autochtone est un centre de santé qui centralise les services pour la communauté autochtone. Notre mission est d’offrir des services de santé et de bien-être holistiques et adaptés à la culture des Premières Nations, des Métis et des Inuits d’Ottawa.
Nous avons quatre domaines d’expertise :
- Les soins de santé ;
- Les initiatives cliniques, sociales, économiques et culturelles ;
- L’éducation et le plaidoyer ;
- L’excellence du service.
LR : Quels sont aujourd’hui les principaux besoins en matière de santé et de bien-être auxquels le Centre Wabano tente de répondre ?
NL : Comme vous pouvez le constater, nous veillons à ce que les membres des communautés autochtones aient accès à un lieu où ils peuvent bénéficier de services adaptés à leur culture et répondant à leurs besoins en matière de soins primaires, de bien-être mental, de logement et de services sociaux et culturels. Nous rencontrons les membres de notre communauté et les aidons à définir leurs objectifs actuels.
LR : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistera la soirée Walking Through the Fire et à quoi les personnes qui y assisteront peuvent s’attendre ?
Chris McKhool (CM) : Walking Through the Fire est un événement musical multimédia qui met en lumière des artistes des Premières Nations, des communautés métisses et inuites. Le public aura l’occasion de découvrir la beauté et la diversité de la musique de l’île de la Tortue grâce à l’auteure-compositrice-interprète tsm’syen de la côte Shannon Thunderbird, à Alyssa Delbaere-Sawchuk du groupe Métis Fiddler Quartet, à l’auteur-compositeur-interprète Ojibwé et Finlandais Marc Meriläinen, ainsi qu’à des invités virtuels qui se joindront à nous sur grand écran, comme l’aîné et poète Dr. Duke Redbird, le groupe de pow-wow Northern Cree Singers et bien d’autres.
NL : Cet événement est une façon différente d’aborder la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Les artistes sont nos conteurs et les gardiens de notre histoire et de notre résilience. Nous voulons inviter le public à découvrir Wabano et à se laisser toucher par les performances.
LR : Le spectacle réunit des artistes autochtones et les Sultans of String. Qu’est-ce qui rend cette collaboration particulière et qu’est-ce que vous souhaitez transmettre à travers la musique et les performances ?
CM : Le projet s’inspire des 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, qui encouragent la collaboration entre Autochtones et non-Autochtones. Nous savons qu’en tant que société, nous ne pouvons progresser sans reconnaître le passé et sans y réfléchir. Avant que la réconciliation puisse avoir lieu, il est essentiel de faire connaître toute la vérité sur l’expérience autochtone dans ce pays.
Le thème central est la nécessité de dire la vérité sur l’expérience autochtone avant que la réconciliation puisse véritablement commencer. Le titre recèle l’énergie de la renaissance : le feu détruit, mais il nourrit aussi la terre, engendrant une nouvelle croissance, de la beauté et de la résilience. L’idée et l’espoir de Walking Through the Fire sont que nous en sortions ensemble, plus forts et plus unis.
LR : Pourquoi était-il important pour Wabano d’organiser Walking Through the Fire à l’approche de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation ?
NL : Nous savons que certaines personnes ignorent encore l’existence des pensionnats autochtones et leurs répercussions sur les communautés, les familles et les individus. L’un des programmes de Wabano consiste à offrir une formation en sécurité culturelle autochtone aux fournisseurs de services. Nous organisons des activités éducatives tout au long de l’année afin de sensibiliser le grand public. Cette année, l’occasion de le faire par le biais d’un événement mêlant musique et récits nous a semblé tout à fait naturelle. Notre histoire ne peut être reléguée au second plan de l’histoire canadienne.
L’événement favorise la compréhension et permet de dépasser les stéréotypes pour découvrir la beauté, la richesse de notre identité et nos enseignements. Cela contribue à créer un climat propice à la réconciliation.
LR : Pour les étudiant.e.s qui hésitent encore à venir le 24 septembre, qu’aimeriez-vous leur dire sur ce qu’ils et elles peuvent retirer de cette soirée et sur l’importance de leur présence ?
NL : Venez partager un repas, écouter de la musique et vous laisser toucher par les histoires que vous entendrez. Vous êtes les acteurs du changement. Pour contribuer à l’avenir et à l’élaboration de politiques qui permettent à toutes les populations de prospérer, il est essentiel de comprendre et d’écouter. Nous vous invitons à venir écouter. Miigwetch.
