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Illustration, livre blanc et drapeau franco-ontarien
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Du Livre blanc à l’action : l’AFO cherche encore la voix des Franco-Ontarien.ne.s

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) poursuit ses consultations auprès de la population franco-ontarienne après la publication de son Livre blanc en septembre. Lors d’une assemblée citoyenne organisée en ligne le 5 octobre, des personnes participantes ont soulevé des questions sur la mise en œuvre des recommandations, la coordination entre les organismes francophones et l’avenir des établissements postsecondaires francophones. 

Crédit visuel : Élodie Ah-Wong – Directrice artistique

Le Livre blanc présente 12 recommandations destinées à renforcer la francophonie ontarienne. Selon Peter Hominuk, directeur général de l’AFO, les commentaires recueillis lors des assemblées citoyennes doivent permettre de préciser les priorités de la communauté avant le congrès annuel de l’organisme, prévu du 21 au 24 octobre.

« On veut le peaufiner,  l’améliorer, et s’assurer que les préoccupations de la communauté se retrouvent dans le plan d’action », explique-t-il.

Une démarche amorcée en 2025

Les États généraux de l’Ontario français ont été lancés au printemps 2025. L’objectif initial était de dresser un portrait de la situation de la francophonie en Ontario avant de déterminer les mesures à privilégier.

Cette première phase comprenait notamment une étude démographique prospective, 70 entrevues avec des leaders, 13 forums régionaux et un sondage provincial auquel environ 2 280 personnes ont répondu. Ces travaux ont permis de dégager six axes de réflexion et de constater, selon Hominuk, que le statu quo ne constituait plus une option.

Une deuxième phase a ensuite permis de mettre ce diagnostic à l’épreuve et d’examiner différentes pistes de solution. En 2026, une tournée provinciale comprenant 29 rencontres régionales a contribué à alimenter la rédaction du Livre blanc. L’AFO indique également avoir recueilli 654 questionnaires dans le cadre de cette démarche, en plus des contributions de plusieurs organismes.

Le document final présente 12 recommandations réparties entre trois groupes d’acteurs : cinq destinées à la communauté franco-ontarienne, quatre au gouvernement de l’Ontario et trois au gouvernement fédéral. Les propositions s’articulent autour de quatre grands axes : l’immigration, l’appartenance et la participation ; les services en français ; la capacité et les structures communautaires ;  la gouvernance et le suivi du plan d’action.

Des préoccupations sur les prochaines étapes

L’assemblée citoyenne du 5 octobre a permis aux personnes participantes de poser leurs questions et de commenter les recommandations. Il s’agissait de la deuxième rencontre de ce type organisée autour du Livre blanc, après une première assemblée tenue le 8 septembre.

Lors de la rencontre, plusieurs personnes ont soulevé des questions  concernant la coordination entre les organismes francophones et la manière dont les recommandations seront mises en œuvre. Des interrogations ont également porté sur l’accès aux services en français dans les différentes régions de l’Ontario.

L’avenir de la formation postsecondaire en français a aussi été abordé. L’AFO a notamment été interrogée sur sa vision de l’avenir de La Cité et du Collège Boréal, dans un contexte où certains programmes sont supprimés : production télévisuelle, technicien d’entretien mécanique, intervention auprès de personnes ayant un handicap et plusieurs autres ne sont notamment plus offerts depuis l’automne 2025.

En réponse à cette préoccupation, Hominuk souligne que La Cité et le Collège Boréal ont enregistré des résultats d’inscription élevés cette année. Il estime néanmoins que la communauté a besoin de davantage d’institutions adaptées aux besoins des francophones.

« L’objectif n’est pas de défendre le statu quo, mais la complétude du parcours en français », affirme-t-il.

Selon lui, les études postsecondaires ne représentent pas seulement la dernière étape du système d’éducation. Elles constituent aussi un lien entre l’école, la formation, l’emploi et la possibilité de continuer à vivre en français à l’âge adulte.

L’AFO souhaite ainsi mobiliser les collèges et les universités, ainsi que les conseils scolaires et les établissements de santé, dans l’élaboration du plan d’action communautaire. Hominuk indique que l’organisme a notamment sollicité la participation des établissements postsecondaires à cet exercice.

Du congrès à la mise en œuvre

Le congrès annuel de l’AFO, prévu du 21 au 24 octobre, constitue la prochaine étape importante du processus. L’organisme entend y poursuivre les discussions avec les associations et les institutions francophones afin de définir les actions à entreprendre et de déterminer qui sera responsable de leur mise en œuvre. 

Le travail se poursuivra au cours des prochains mois, alors que l’AFO prévoit de passer à la troisième phase des États généraux, consacrée à la mise en œuvre du plan d’action communautaire.

Selon Hominuk, l’un des principaux défis consiste à convaincre une communauté diversifiée de la nécessité de certains changements et à maintenir l’attention sur les actions à réaliser. Il insiste sur l’importance d’une démarche dans laquelle les décisions ne sont pas imposées par l’organisme, mais prises en collaboration avec la communauté.

« Ce n’est pas l’AFO qui va décider pour eux, mais la communauté elle-même », souligne-t-il.

Le congrès annuel représentera ainsi une étape importante pour transformer les recommandations du Livre Blanc en actions concrètes.

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