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Table ronde lors du lancement de la saison du CRCCF
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Au CRCCF, l’histoire franco-ontarienne porte son regard vers la relève

Entre histoire, mémoire et engagement, le Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF) a lancé sa saison 2026-2027 à l’Université d’Ottawa autour d’une table ronde consacrée au livre de Michel Bock sur la jeunesse franco-ontarienne. Une rentrée qui a placé la recherche et la transmission au cœur d’une francophonie toujours en mouvement.

Une rentrée sous le signe de la francophonie

Le jeudi 17 septembre, étudiant.e.s, professeur.e.s, chercheur.euse.s et membres de la communauté se sont rassemblés dans les locaux du Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF), au pavillon Morisset. Entre rires, retrouvailles et échanges, le Centre a procédé au lancement officiel de sa saison 2026-2027.

Le CRCCF s’intéresse à la société et à la culture des communautés francophones de l’Amérique du Nord, d’hier et d’aujourd’hui. Il mène des activités de recherche et de diffusion du savoir, tout en conservant et en mettant en valeur une riche collection de ressources documentaires.

Au programme de cette rentrée figurait notamment une table ronde autour de l’ouvrage Histoire de la jeunesse franco-ontarienne engagée, 1905-1970, de Michel Bock. Cette discussion  a permis de revenir sur l’histoire de cette jeunesse, mais aussi de se questionner sur ce que  son héritage  peut encore transmettre à la jeunesse d’aujourd’hui.

Une jeunesse franco-ontarienne déjà engagée

Pour discuter de son ouvrage, Michel Bock, historien et directeur du CRCCF, était entouré de trois spécialistes : l’historien Éric Bédard, professeur à l’Université TÉLUQ, Lucie Piché, historienne et professeure au Cégep de Sainte-Foy, ainsi qu’E.-Martin Meunier, professeur à l’École d’études sociologiques et anthropologiques de l’Université d’Ottawa.

Plus qu’une simple présentation du livre, la table ronde a permis aux trois panélistes invités de poser un regard critique sur l’ouvrage et de revenir sur différentes périodes qui ont façonné l’engagement et l’identité franco-ontarienne. Une question a notamment traversé les échanges : comment comprendre et définir l’engagement de la jeunesse à travers les époques?

Pour E.-Martin Meunier, cette histoire peut justement servir de porte d’entrée aux jeunes qui souhaitent mieux comprendre la francophonie ontarienne. S’adressant directement aux jeunes présents  dans la salle, il les a encouragés à lire l’ouvrage : « Vous aurez droit à une introduction à huit grandes périodes de l’histoire qui ont structuré l’identité franco-ontarienne. »

Il a également souligné que le livre permet de découvrir les grandes associations qui ont marqué la vie sociale et politique de l’Ontario français, offrant ainsi un parcours à travers les mouvements, les institutions et les moments qui ont participé à la construction de cette identité.

Mais, connaître cette histoire suffit-il à faire naître l’engagement chez les générations suivantes? Pour Bock, la réponse passe aussi par les structures mises à la disposition des jeunes.

S’engager, mais avec quelles structures?

"La jeunesse franco-ontarienne sera mobilisée dans la mesure où elle aura des structures efficaces et peuplées pour le faire."

- Michel Bock -

Entre 1905 et 1970, les écoles, les paroisses, les collèges classiques, les diocèses et différentes institutions catholiques formaient, selon l’historien, une sorte d’espace public franco-ontarien dans lequel les mouvements de jeunesse pouvaient s’organiser. Plusieurs mouvements apparus dans les décennies suivantes sont d’ailleurs, selon lui, issus de ces anciens mouvements d’Action nationale ou d’Action catholique.

Aujourd’hui, certaines de ces structures sont moins présentes. Bock souligne toutefois le rôle de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), qu’il décrit comme « extrêmement active » et qui s’appuie notamment sur le cadre scolaire pour mobiliser les jeunes.

Une interrogation demeure toutefois : une fois le secondaire terminé, quelles structures permettent aux jeunes de poursuivre cet engagement?

Le CRCCF et la relève d’aujourd’hui

C’est justement sur cette question que le CRCCF souhaite jouer un rôle. « L’un de nos mandats est la formation de la relève », affirme Bock.

Des étudiantes et étudiants gravitent autour du Centre et participent à ses différentes instances, notamment au bureau de direction et à certains comités. Selon Bock, tous les deux ans, le CRCCF organise également un colloque étudiant qui permet à des personnes à la maîtrise et au doctorat de présenter leurs travaux dans un contexte scientifique, parfois pour la première fois.

Le lancement de cette nouvelle saison offre lui-même un exemple de cette implication. Il marque le début de l’exposition « Une maison bien à nous ! » : La Nouvelle Scène et ses compagnies fondatrices, présentée du 17 septembre 2026 au 30 mai 2027. Consacrée à l’histoire de La Nouvelle Scène et de ses compagnies fondatrices, elle a été conçue par sa commissaire, Shelby-Marie Lalonde, étudiante à la maîtrise en histoire à l’Université d’Ottawa.

La relève ne se contente  donc pas de consulter les archives : elle participe également à leur étude et à leur mise en valeur.

Pour Bock, cette transmission doit toutefois trouver un équilibre entre l’expérience des générations précédentes et la place laissée aux suivantes pour créer leurs propres façons de s’engager.

« Les jeunes et les moins jeunes doivent dialoguer », souligne-t-il. « Il y a une expérience à transmettre, mais il faut aussi permettre un renouvellement par la jeunesse. »

Une histoire qui continue de s’écrire

Plus d’un siècle sépare les premiers mouvements de jeunesse franco-ontariens abordés durant la soirée des étudiant.e.s qui fréquentent aujourd’hui les couloirs de l’Université d’Ottawa. Les structures ont changé, tout comme les façons de s’engager. Pourtant, la question de la transmission demeure.

L’histoire de la francophonie ne se conserve donc pas uniquement dans les archives. Elle continue à s’écrire par celles et ceux qui choisissent aujourd’hui de la connaître et de la transmettre.

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