Deuxième accusation d’espionnage contre l’administration de l’U d’O
L’organisation politique Les Amis canadiens de la Birmanie (AcB) accuse l’U d’O d’avoir orchestré une opération d’espionnage à son endroit en 2007. Ce groupe d’opposition à la junte militaire au pouvoir en Birmanie a déposé une plainte à l’ombudsman provincial dans le dossier.
L’AcB a eu accès à des courriels échangés entre différents acteurs de l’administration universitaire au sujet d’une conférence organisée en décembre 2007 sur les liens entre le financement du pavillon Desmarais et des violations des droits humains en Birmanie par Total, une pétrolière française.
«C’est gentil de notre part de leur laisser utiliser le pavillon Desmarais», ironise Bruce Felthusen, alors vice-recteur aux relations universitaires, pour lancer le fil des discussions sur le sujet. «Je ne peux pas y croire», répond alors Gilles Patry (alors recteur de l’U d’O) avant de proposer de surveiller l’activité.
C’est toutefois Victor Simon, vice-recteur aux ressources de l’Université, qui soulève le plus de questions en mentionnant «d’autres intérêts» qui devraient guider l’Université, en compétition avec la liberté d’expression et de débat. «N’y a-t-il pas un risque que l’on puisse être poursuivis pour libelle diffamatoire? N’avons-nous pas la responsabilité d’amoindrir ce risque?» écrit-il, avant de poursuivre: «Je sais que ce genre de réflexion entre en conflit avec d’autres valeurs qui nous sont chères dans le milieu universitaire, mais nous avons d’autres intérêts en jeu dans le dossier.»
Le fil des courriels montre que Claude Giroux, directeur du Service de protection, a reçu un rapport d’un employé qui s’est servi du réseau social Facebook afin de connaître l’identité des individus qui comptaient être présents. Le Service de protection aurait même échangé des captures d’écran issus de ce site.
«L’administration a fait preuve de diligence, a examiné et évalué les risques, incluant ceux liés à la sécurité. La conférence a eu lieu et des mesures de sécurité ont été prises afin d’assurer la sécurité de tous. L’U d’O a toujours fait la promotion et s’est toujours portée à la défense de la liberté d’expression», a expliqué Vincent Lamontagne, porte-parole de l’U d’O, au National Post.
Ces accusations sont lancées quelques semaines seulement après l’affaire Maureen Robinson, dans laquelle Denis Rancourt, professeur de physique renvoyé en 2009, accuse l’U d’O d’avoir fait appel aux services de la journaliste du Fulcrum pour colliger de l’information sur ses activités. Robinson et l’U d’O démentent ces accusations.






























