22 mars 2010
Les signes annonçant son arrivée étaient tous présents. Je n’ai pourtant pas su les remarquer. D’un coup, j’ai dû me rendre à l’évidence que quoi qu’on fasse, on ne pourrait y échapper. Le printemps était de retour.
Saison verte, lumineuse, parsemée de gens heureux et du constant chant des oiseaux. Le paysage redevient vert, les gens retrouvent leur sourire et leurs couleurs. On range définitivement les pelles et les gros manteaux pour sortir la bicyclette et, éventuellement, la crème solaire. Avec tout ce qu’implique la saison printanière, il est justifié de s’en réjouir. Cette affirmation est d’autant plus vraie si on pense aux nombreux mois de pénombre et de froid qu’on peut enfin laisser derrière soi.
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15 mars 2010
C’est le début de la fin. La fin du début. Le commencement d’une nouvelle aventure, l’arrêt d’un épisode. Voilà. Vous excuserez ces antithèses qui ne font que semer la confusion. Il m’est pourtant impossible d’aborder la thématique d’un début ou d’une fin sans qu’il n’y ait présence d’ambiguïté.
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1 mars 2010
2h14. J’ai les deux yeux grands ouverts et j’attends avec impatience que le sommeil s’empare de moi. Je suis pourtant couchée depuis un moment déjà. Une minute, cinq minutes, dix minutes passent. Toujours rien. Les chiffres défilent sur mon réveille-matin et me rappellent que chaque minute qui s’écoule en est une de moins à dormir. Plus j’essaie de dormir, plus je pense au fait que j’en suis incapable, et plus j’angoisse. Je calcule: s’il est 2h24 et que je compte me lever vers 7h30, il me reste environ cinq heures de sommeil. Pas pire…
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22 février 2010
Quelle joie, quelle fierté nationale que de se proclamer bilingue et d’incarner ainsi le «Canadien typique»! Parce qu’au Canada, tout le monde se comprend. Monsieur et Madame Tout-le-monde se promènent dans la rue et se saluent dans la langue de leur choix, sans ambiguïté, sans malentendu. Au Canada, on est bilingue, on a le choix. Chaque interaction est comme un jeu composé d’un élément de surprise, qui consiste à choisir la langue utilisée pour s’adresser à autrui, et à tenter de deviner quelle sera le choix de son interlocuteur (ou de son adversaire, selon le cas).
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8 février 2010
La semaine dernière, je me suis entretenue avec le coordonnateur du projet, monsieur Boris Chassagne, au sujet d’un concours multimédia organisé par Radio-Canada International. Racines est un projet dans le cadre duquel les participants doivent créer et soumettre une œuvre en lien avec les «racines»: leur culture, leurs origines, leur histoire. Évidemment, me rassure-t-on, le participant n’a pas à se limiter à une seule culture. Selon monsieur Chassagne, l’œuvre peut traiter autant d’une ou de plusieurs cultures, comme de l’absence de culture.
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1 février 2010
Le ridicule du concept de l’androphobie (nom féminin désignant la peur de l’homme) se trouve dans le fait même que celui qui a peur de l’homme a donc, par association, peur de lui-même et de son espèce. On a beau en rire, voir cette phobie comme étant complètement ridicule ou la comparer à une maladie rare qui n’atteint que les malchanceux de ce monde, cette peur de soi et d’autrui est pourtant un phénomène quotidien que l’on retrouve partout. Attention : vous êtes peut-être entourés d’androphobes à l’instant même…
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25 janvier 2010
L’hiver, ça m’ennuie. Ça me déprime, même. Il fait froid à l’extérieur et on meurt de chaleur avec nos dix mille épaisseurs une fois à l’intérieur. Il fait sombre tôt et le jour, on arrive à peine à voir puisque la blancheur de la neige est aveuglante. L’air est tellement sec qu’on a du mal à respirer. En fait, chaque sortie est un périple que l’on redoute.
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18 janvier 2010
Après la période des Fêtes, je ne crois pas être la seule à sentir mon estomac faire trois tours quand je pense à mon compte en banque et au minuscule montant qui s’y trouve. Si vous êtes comme moi, vous devrez vous contenter de YouTube pour développer votre culture générale et découvrir de nouveaux artistes au cours des prochaines semaines. Pour être cultivé, présent régulièrement aux évènements culturels et propriétaire d’une vaste collection de romans ou d’albums, on a besoin de bien plus qu’un grand intérêt pour les arts : il faut en avoir les moyens.
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11 janvier 2010
Je pourrais mentir, vous dire que je suis actuellement assise au bureau de La Rotonde, en tenue de travail (jeans et t-shirt), mon regard fixé sur l’écran et mes doigts tapant à toute vitesse, preuve de ma grande inspiration et de ma productivité impressionnante. C’est d’ailleurs là une des facettes de l’écriture que j’ai toujours aimée : on peut s’inventer un monde rêvé et y croire un peu, même beaucoup.
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7 décembre 2009
La semaine dernière, le ballet Casse-noisette était, encore cette année, présenté au Centre national des Arts. « Quelle bonne façon d’entamer le mois de décembre et la période des Fêtes! » peut-on penser. Le concept est pertinent – on parle, après tout, d’un casse-noisette reçu en cadeau de Noël – mais, avouons-le, pas très ingénieux. Tout le monde le sait : Casse-noisette rime avec Noël. On n’ira pas assister à une représentation de ce ballet en juillet. Il n’y aurait aucune logique là-dedans : c’est en décembre que ça se passe. Et si on manque la représentation de cette année, pas de danger! On pourra se reprendre dans un an.
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30 novembre 2009
Vingt-cinq novembre. Je me promène tranquillement au Centre Rideau en mâchouillant ma gomme et en respirant l’air sec du centre commercial. Je ne suis pas pressée d’arriver chez moi : une pile de travaux m’attend impatiemment sur le coin de ma table de travail. Alors je prends mon temps. Je marche. Je pense aux livres que je lirai quand la session sera terminée, aux films que j’aimerais voir au cinéma…
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23 novembre 2009
En tant qu’étudiant universitaire, on a l’honneur de pouvoir affirmer haut et fort qu’on a survécu à toutes ces années passées à l’école primaire et secondaire. Une fois à l’université, un autre genre de vie nous attend. Finie, l’époque où l’on devait marcher à l’arrêt d’autobus au rythme des craies de cire cognant contre les parois de notre étui à crayon. Finies, les rédactions de contes et d’histoires abracadabrantes pendant nos cours de français. Finis, les déguisements pour agrémenter une présentation orale sur les dinosaures et l’époque préhistorique. À l’université, c’est sérieux.
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