La Rotonde Le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

Une vision rassurante de l’avenir du journalisme indépendant

Le 12 mars dernier se tenait, à Montréal, un colloque international sur l’avenir des journaux indépendants. Cet évènement, qui avait lieu à la Grande Bibliothèque de Montréal, a rassemblé quelques centaines de passionnés de l’information. Antoine Trépanier était sur place.

Le colloque était organisé par le Centre d’études sur les médias et Médias@McGill à l’occasion du centenaire du quotidien montréalais Le Devoir. Plusieurs intervenants québécois et étrangers ont participé à ce rassemblement d’intellectuels portant sur la crise des médias. Les hôtes de cet évènement bien rempli, qui a duré environ neuf heures, étaient Florian Sauvageau, Marc Raboy et le directeur du Devoir, Bernard Descôteaux.

Parmi les invités, notons la présence du président et directeur de la publication de Mediapart.fr, Edwy Plenel, venu directement de France pour communiquer son savoir et ses hypothèses au sujet de l’avenir du journalisme. Il a traité, lors de son allocution d’une quarantaine de minutes, de l’importance de la liberté de presse et de la démocratisation de cette dernière. «Nous sommes en pleine crise de confiance à l’endroit des médias. Le public doute des médias et de la politique et c’est aux médias de leur redonner cette confiance perdue», a-t-il souligné.

Du bien beau monde

Après cette conférence sur la liberté de presse, le public a eu droit à trois panels traitant de différents aspects du journalisme. Premièrement, «Le journal indépendant du 21e siècle: ses rôles, ses contenus et ses publics» rassemblait John Honderich, président de Torstar, Persephone Miel, conseillère principale de l’organisation non gouvernementale Internews Network, et Anne Nivat, journaliste indépendante qui a couvert plusieurs conflits dans les dix dernières années. Ils ont discuté pendant près de trois heures de la situation du journalisme indépendant et de l’importance de la diversité et de la fiabilité des histoires racontées.

Le deuxième panel portait sur la situation financière des institutions journalistiques. Les deux invités sont directement impliqués dans la révolution médiatique sur le plan économique. Ces intervenants étaient Karen Dunlap, présidente-directrice générale du Poynter Institute, une école de journalisme réputée et propriétaire du plus grand quotidien indépendant de la Floride, le St. Petersburg Times, et Robert G. Picard, directeur du Journal of Media Business Studies et du Media Management and Transformation Centre à l’École internationale de commerce de Jönköping, en Suède. Ceux-ci ont admis qu’il y avait effectivement une crise médiatique en ce moment en ce qui a trait au financement des journaux. L’avènement de l’Internet est certes un fardeau pour le média traditionnel, mais il ne le tuera pas de sitôt.

Le dernier groupe de panélistes traitait de «L’avenir des journaux indépendants d’ici». Josée Boileau, rédactrice en chef du Devoir, Colette Brin, professeure de journalisme à l’Université Laval, Jean Paré, ex-éditeur et rédacteur en chef du magazine L’actualité, et Patrick Pierra, coprésident de BV!MEDIA, ont donné leurs impressions sur la situation des journaux indépendants. Ils en sont venus à des conclusions… soulageantes!

Jean Paré a d’abord avoué ne pas être trop inquiet de la situation des journaux pour l’instant. «J’ai œuvré dans ce domaine pendant environ 40 ans et il n’y a pas une seule année où l’on annonçait que du positif pour les journaux. La presse écrite changera certainement de format. Quand? Je n’en sais rien», a-t-il dit avant d’ajouter que le média n’allait pas disparaitre de sitôt.

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