Un athlète à la hauteur
Du talent, il y en a à revendre dans l’équipe d’athlétisme de l’Université d’Ottawa et Christopher Greenaway fait partie des athlètes les plus prometteurs. Le jeune homme ne cesse d’impressionner depuis le début de la saison et domine incontestablement dans sa spécialité: le saut en longueur. La Rotonde l’a donc rencontré pour en savoir un peu plus sur lui.
La Rotonde: Est-ce que l’athlétisme était ton premier amour dans le monde du sport?
Christopher Greenaway: J’ai commencé à faire du sport à environ six ans en pratiquant le hockey pendant l’hiver et le baseball durant l’été. Cependant, malgré toutes les heures passées à m’entrainer à ces sports, je n’ai jamais été très bon et je suis toujours resté dans l’ombre de mon grand frère. Par contre, j’ai découvert que j’étais pas mal rapide! En m’essayant au sprint au secondaire et par la suite au saut, je me suis trouvé un talent caché. Mais le plus important, c’est que j’ai finalement pu battre mon frère!
LR: Fais-tu partie de l’équipe nationale du Canada en athlétisme?
CG: Les sélections pour l’équipe du Canada se font pour chaque compétition internationale. J’ai eu la chance de compétitionner avec l’équipe pour les Jeux de la Francophonie à Beyrouth, au Liban, en octobre 2009 et aux Jeux panaméricains junior à Windsor en 2005. Cet été, j’espère me qualifier pour les Jeux du Commonwealth, mais le Canada n’a pas encore rendu publics ses critères de sélection.
LR: Quelle performance vises-tu aux championnats du Sport interuniversitaire canadien (SIC) prochainement?
CG: Aux championnats du SIC, je vise sans faute la médaille d’or! Je suis confiant de pouvoir remporter une victoire au saut en longueur pour l’équipe. De plus, c’est toujours un bonus de battre un record personnel ou peut-être même un record des championnats!
LR: Crois-tu pouvoir atteindre les Olympiques un jour?
CG: L’année passée, mon coach et moi avons réalisé que les Jeux olympiques sont un objectif réaliste pour ma carrière. L’été dernier, j’ai amélioré mon record personnel de 28cm, de 7,44m à 7,72m, sans avoir compétitionné ou m’être entrainé depuis l’hiver précédant. C’est un peu optimiste d’espérer une amélioration semblable cette saison, même avec tous les efforts que je fais cet hiver. Ça me positionnerait au-delà des huit mètres et donc plus près du standard olympique de 8,20m. Cinquante centimètres c’est quand même une grosse différence au saut en longueur!
LR: As-tu une source d’inspiration, quelqu’un qui te pousse à te dépasser?
CG: En fait, je m’entraine pour la joie du sport et pour surpasser mes propres performances. Je cherche à pousser mon corps à ses limites et à demeurer à un niveau de compétition international. Je le fais aussi pour aider l’athlétisme au Canada à évoluer. Je suis fier de mon pays et je fais ma part pour générer de l’intérêt dans notre sport.
LR: Depuis combien de temps pratiques-tu l’athlétisme?
CG: J’ai commencé à m’entrainer sérieusement en 2004 après avoir fini le secondaire, où on compétitionnait une fois par année. Après, je me suis joint au club Saint-Laurent Sélect, à Ville Saint-Laurent. Jusqu’en 2005, j’étais principalement un sauteur en hauteur, mais une blessure m’a forcé à changer d’épreuve et à me concentrer sur le saut en longueur.
LR: Penses-tu que l’Université d’Ottawa soutient assez l’athlétisme?
CG: Notre équipe a plusieurs athlètes qui ont déjà compétitionné au niveau international et plusieurs autres qui ont beaucoup de potentiel. C’est malheureux que nous n’ayons pas les mêmes ressources que les autres sports interuniversitaires. J’espère qu’après cette saison, l’université prendra un peu plus conscience du haut calibre de ses athlètes au sein de l’équipe d’athlétisme et décidera de nous supporter un petit peu plus. Ce serait honteux pour eux de voir un ou plusieurs de leurs athlètes compétitionner aux championnats mondiaux ou encore aux Jeux olympiques sans pouvoir dire qu’ils ont donné un coup de main. Je comprends que l’équipe d’athlétisme est nouvelle et que ça devienne de plus en plus difficile de fournir les fonds nécessaires pour toutes les équipes interuniversitaires, mais nous sommes aussi talentueux et nous travaillons aussi fort que les autres équipes. Je pense que nous méritons autant de soutien que tous les Gee-Gees, incluant l’accès à la bourse pour étudiant-athlète.
LR: Alors, il n’y a pas de doute pour toi, tu prévois continuer ta carrière en athlétisme après l’université?
CG: Bien sûr! Ma carrière vient tout juste de commencer. Si je réussis à éviter une blessure grave, j’aimerais continuer jusqu’à ce que je sois trop vieux pour sauter, dans ma trentaine, tout en espérant me trouver un emploi qui me le permette. Par exemple, Dwight Phillips, le sauteur des États-Unis qui est présentement classé premier mondialement, a fait un nouveau record personnel cette année, à 32 ans : 8,74m ! Moi aussi j’aimerais avoir dix ans devant moi!


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