La Rotonde Le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

Théâtre en hommage à la femme

par Mathieu Langlois.

En collaboration avec le Projet des femmes de Jer’s Vision, le Centre de ressources des femmes a présenté la pièce Les monologues du vagin le dimanche 7 mars dernier à l’auditorium des Anciens de l’Université d’Ottawa.

Les monologues du vagin ont initialement été inspirés des témoignages recueillis par la dramaturge et féministe américaine Eve Ensler sur la sexualité féminine à travers le monde. Cette pièce a été traduite en 50 langues et jouée dans plus de 130 pays. Devant la variété des sujets abordés, comme la mutilation génitale, le viol, la guerre, et d’autres thèmes plus légers comme les poils, l’homosexualité ou les orgasmes, le public passe par un éventail d’émotions.

De nombreux étudiants de l’Université d’Ottawa ont été bénévoles pour cet évènement, tant pour les rôles sur scène que derrière le rideau. Le concept du Centre de ressources des femmes et de Jer’s Vision était de promouvoir leurs organisations avant et après le spectacle afin d’augmenter leur visibilité et de pouvoir ainsi aider un plus grand nombre de femmes. Des kiosques étaient d’ailleurs installés à l’entrée de l’auditorium.

Les femmes de différentes cultures et de tous les âges pouvaient se reconnaître dans les monologues présentés. Quant aux hommes, ils ont pu en apprendre davantage sur les mystères féminins et être sensibilisés à la violence faite aux femmes, car cette pièce a également été créée pour faire réfléchir le public, entre autres en présentant des statistiques de l’UNICEF.

Le monologue intitulé «L’inondation» est selon moi le plus hilarant. Ève Ferreira-Aganier y joue magnifiquement le personnage d’une vieille dame, au point qu’on l’imaginait facilement avec des cheveux gris. On s’attache rapidement à cette vieille fille qui parlait de cette «chose-là, en bas» en faisant l’analogie avec la cave de sa maison qu’on ne doit pas visiter puisque «c’est humide et que ça pue». La charmante personne âgée aurait pu passer pour votre grand-mère dans ses propos pudiques et ses histoires de jeunesse.

L’atelier du vagin était interprété par une certaine Rym, une invitée surprise qui a charmé les spectateurs avec son accent et ses répliques à la française. Le personnage était si gêné de dire certains mots qu’il demandait à quelqu’un du public de dire «orgasme» ici et là dans son monologue. Ses interactions ont été un succès, on sentait les spectateurs suspendus à ses lèvres.

Bien d’autres comédiennes ont conquis le cœur du public, tant par leur présence sur scène que par leur voix sensuelle ou leurs cris orgasmiques. Le fait que certaines lisaient leur texte brisait le rythme du monologue, mais l’intensité de leurs histoires pouvait quand même se ressentir. Bref, une belle réussite pour le Centre de ressources des femmes et Jer’s Vision.

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