Rivalité fructueuse
Qu’on soit fan de soccer, de football ou encore de rugby une chose ne change jamais: les partisans ont tous une équipe favorite qu’ils veulent voir gagner. En outre, dans la vie comme dans le sport, chaque camp a aussi une équipe rivale qu’il aime moins que les autres, une équipe contre laquelle la victoire est plus significative, symbolique, savoureuse. Prenons par exemple la rivalité entre les Sénateurs d’Ottawa et les Maple Leaf de Toronto. Ici à Ottawa nous avons aussi nos propres guerres de clans. Je parle de l’éternel duel opposant les Ravens de Carleton aux Gee-Gees de l’Université d’Ottawa.
Ainsi, se détester semblait inévitable dès le début. En effet, on peut dégager plusieurs raisons à cette animosité ottavienne. Premièrement, les deux universités sont situées dans la même ville, il est donc toujours plus facile de se crier dessus lorsqu’on est voisins. Ensuite, sur le plan académique et pour leur clientèle, elles sont aussi en compétition. Enfin, peut-être simplement parce que les Ravens de Carleton sont véritablement détestables…
Quoiqu’il en soit, on peut trouver enfantin et même ridicule cette vieille rivalité interuniversitaire, mais on ne peut cependant pas nier qu’elle a du bon. De fait, nos rancunes mutuelles nous rapportent bien plus qu’on pourrait le croire. Tout d’abord, elle permet à certaine personnes se cherchant désespérément un réseau social de rallier les groupes de supporteurs officiels de chaque université; à l’université canadienne c’est le «Jockey Club». En gros, ces associations se réunissent lors des grands rendez-vous sportifs entre les Ravens et le Gris et Grenat, se saoulent à mort avant même d’arriver à la rencontre et s’invectivent plus entre elles qu’elles encouragent vraiment leur équipe durant la partie.
Pour continuer, l’Université Carleton contre l’Université d’Ottawa, en plus de fournir un passe-temps à certains étudiants esseulés, est économiquement rentable. Effectivement, lorsque les deux équipes s’affrontent, l’audience est toujours nombreuse et comme dans toute bonne foule, les gagnants doivent acheter de l’alcool pour fêter leur victoire et les perdants pour oublier leur défaite; sans compter qu’à la mi-temps et après la partie tout ce beau monde a l’estomac creux et qu’ils doivent se nourrir, sur le campus même ou dans les restaurants environnants le lieu de la rencontre; une véritable manne pour les commerçants!
Finalement, la rivalité Gee-Gees versus Ravens donne une plus grande notoriété au sport universitaire dans la ville d’Ottawa. Ainsi, des évènements comme la traditionnelle Classique de basket-ball à la place Banque-Scotia sont très courus et jouissent d’une importante couverture médiatique, ce qui porte les équipes en avant-plan et leur permet de briller devant une foule de spectateurs venus les encourager et admirer leurs prouesses: un excellent leitmotiv!
Tout ça pour dire que: les Gee-Gees sont meilleurs que les Ravens.


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