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Le RAFÉO laisse les étudiants ontariens sur leur faim

Le mois prochain, sept étudiants ontariens ne dépenseront pas plus de 7,50$ par jour pour de la nourriture afin de symboliser l’allocation de 226$ par mois prescrite par le Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFÉO).

Du 8 au 26 mars, ces étudiants de toute la province participeront à la campagne “Food for Thought” («Nourriture à réfléchir») organisée par l’Ontario Undergraduate Student Alliance (OUSA), l’union des étudiants universitaires de premier cycle de l’Ontario, afin de défendre et de promouvoir un financement plus réaliste des programmes d’aide aux étudiants pour l’alimentation.

«Nous travaillons vraiment afin d’attirer l’attention sur le fait que le RAFÉO n’est pas suffisamment subventionné et qu’il n’en fait pas assez afin de soutenir ses étudiants», explique Dan Moulton, président de l’OUSA.

Les participants feront part des difficultés vécues au cours de l’expérience de trois semaines grâce à des blogues, des vidéos et autres éléments médias disponibles sur le site web de l’OUSA.

Nick Gibson, étudiant de l’Université Wilfrid-Laurier, participe à cette campagne de sensibilisation afin d’attirer l’attention sur la difficulté qu’ont certains étudiants à financer leurs études.

«Je comprends le point de vue du gouvernement qui ne veut pas donner d’argent sans aucune forme de responsabilisation. Toutefois, les étudiants doivent se concentrer sur leurs études», estime-t-il.

«Quand se procurer de quoi manger devient une préoccupation, sans compter les petits imprévus, ça finit par devenir épuisant pour eux», poursuit-il.

Maintenir un régime alimentaire sain et équilibré tout en passant de nombreuses heures à l’extérieur de la maison, sur le campus de surcroît, ce n’est pas une tâche facile avec un budget aussi serré.

«Parfois, je n’ai pas le choix de sauter un repas. C’est le genre de chose qu’on essaie de souligner: peu importe le degré de frugalité auquel on tente de s’astreindre, à un certain point, ça devient malsain», insiste Gibson.

Avec si peu d’argent à dépenser, on oublie les sorties au restaurant entre amis.

«J’en suis venu à complètement cesser de sortir et je dois faire preuve de beaucoup d’ingéniosité en faisant mon épicerie», relate Gibson.

Pour les étudiants, le meilleur moyen d’assurer leur subsistance reste de faire l’épicerie, puisque même la restauration rapide – y compris celle des universités – est trop chère pour qu’un étudiant qui n’aurait que 7,50$ par jour à dépenser puisse manger suffisamment.

«Le caractère réaliste de cette campagne, c’est que nous prouvons que les étudiants ne peuvent de toute évidence pas vivre d’une si maigre allocation alimentaire», explique Moulton.

Pour l’OUSA, l’allocation alimentaire n’est qu’un des éléments défaillants dans le calcul de l’aide financière du RAFÉO.

«Qu’on calcule le cout des effets scolaires, le cout de la vie ou les allocations hebdomadaires, on s’aperçoit que ces chiffres sont nettement inférieurs aux couts réels. Il faut que le gouvernement injecte encore plus d’argent dans ce programme», soutient Moulton.

«Espérons qu’il y aura des changements importants à cet égard», conclut Gibson.

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