De Bellefeuille attaque, Wolfe se défend
Julien de Bellefeuille, directeur des élections démissionnaire, affirme avoir quitté son poste à cause de l’ingérence du président de la FÉUO. Ce dernier s’est expliqué dans un communiqué.
Julien de Bellefeuille, directeur des élections de la FÉUO démissionnaire, accuse directement Seamus Wolfe, président de la FÉUO et membre du Comité des élections, de s’être ingéré dans la dernière campagne électorale. En entrevue avec La Rotonde, De Bellefeuille explique qu’il a rompu le silence qu’il observait jusqu’à maintenant lorsqu’il a lu que Wolfe prétendait ne pas connaître les raisons de sa démission.
«Moi, je ne voulais pas en parler, de cette question-là, confie-t-il. Par contre, j’ai été frustré de voir que Seamus avait dit que je n’avais pas donné de raisons pour ma démission. Ça m’a beaucoup frustré», déclare celui qui cumule plusieurs années d’expérience au sein de la Fédération étudiante.
La goutte qui a fait déborder le vase et qui a directement mené à la démission de l’agent d’élection est lié au cas d’Amalia Savva. De Bellefeuille croyait juste d’imposer deux sanctions différentes pour l’utilisation, d’une part, de l’ordinateur de Roxanne Dubois et, d’autre part, de l’ordinateur de l’Association étudiante des études politiques, internationales et en développement. Wolfe aurait fait pression sur le directeur des élections en niant les allégations d’utilisation du matériel informatique, puis en tentant de diminuer les sanctions imposées.
«Premièrement, c’était des pressions disant que l’allégation n’était pas fondée, mais la candidate nous avait dit, dans le local du bureau des élections, qu’elle avait simplement ouvert son document dans le bureau de Roxanne. On voulait aussi que je change les sanctions en les diminuant, mais je trouvais aussi que c’était un manque d’intégrité», explique De Bellefeuille après avoir énuméré les autres pénalités qu’il avait imposées à la candidate. La principale intéressée nous a appris que les deux violations au règlement avaient finalement été fusionnées en une seule par le Comité des élections.
De Bellefeuille ne lésine pas sur les termes lorsque vient le temps de qualifier les agissements de Wolfe. «Oui, absolument, c’était de l’ingérence, je me sentais vraiment forcé. Je ne sais pas ce qui serait arrivé si j’avais continué à travailler en imposant la sanction [que j’avais imposée], je ne sais pas ce que ça aurait donné», dénonce-t-il.
Ce n’est que plus tard dans l’entrevue qu’il ciblera directement le président de la FÉUO. «Je vais te le dire parce que je ne veux pas mettre les autres dans une situation difficile. C’est Seamus qui s’est ingéré dans le processus», a-t-il lâché.
Pour De Bellefeuille, ces tentatives d’ingérence étaient inacceptables. «J’avais trois choix, expose-t-il. Je pouvais jouer le jeu avec le Comité des élections, je pouvais démissionner – c’est ce que j’ai fait – ou je pouvais me battre contre eux, mais ça aurait été très difficile.»
De Bellefeuille fait aussi un lien avec les évènements qui remplissaient les pages des médias étudiants il y a un an jour pour jour. «Vois-tu, moi je trouvais ça très grave comme situation. Je veux dire, de voir la situation de l’année précédente qui se répétait et me demander de participer à ça, dans un sens. Ça, je ne pouvais pas l’accepter.»
Réaction
À peine 24 heures après que La Rotonde a révélé les véritables motifs qui expliquent la démission de De Bellefeuille, Wolfe a émis un communiqué exposant sa propre version des faits. Le président de la FÉUO y plaide son innocence pour ce qui est de l’ingérence et y justifie son long silence par rapport aux raisons de la démission de De Bellefeuille.
Ainsi, concernant le deuxième élément, Wolfe écrit que comme «[Julien de Bellefeuille] avait choisi de ne pas inclure de justification dans sa lettre publique laissée au bureau des élections, [il avait] dû en déduire qu’il souhaitait garder les détails de sa démission confidentiels».
Par ailleurs, sur le fond de l’affaire, Wolfe se défend indirectement de s’être ingérer dans la campagne électorale. Pour lui, le résultat des actions du Comité des élections démontre bien l’honnêteté de son travail. «Aucune de nos décisions n’a été portée en appel au comité d’arbitrage étudiant. Il n’y a pas de meilleure indication d’impartialité et de transparence quant aux actions du Comité des élections cette année», soutient-il.


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