La Rotonde Le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

D’un océan de pensées à l’autre

Si une question me fascine, c’est bien le statut des enseignants à l’Université. À bien y penser, nous sommes littéralement baignés dans la connaissance. Derrière chaque porte de chaque pavillon, là où se trouve un bureau se trouve aussi une expérience de recherche foisonnante, un bouillonnement. Si on s’évertue à inviter de grands noms des domaines des sciences, de l’environnement, de l’éducation, etc., il me semble qu’on oublie bien souvent qu’ici même, nous pourrions mener des panels de discussions tous les jours sans jamais épuiser les thèmes.

L’expression «nul n’est prophète en son pays» prend tout son sens ici…

Quand je parle aux étudiants, je suis souvent amenée à aborder la question d’accessibilité des enseignants. Souvent, amis, connaissances ou bien certains élèves auxquels je donne un coup de main dans leur cheminement scolaire me font part de leur peur quasi phobique d’aller demander de l’aide aux professeurs. Une peur d’être avalé.

Je me rends compte que j’ai toujours le même discours, qui est de ne pas être gêné, d’y aller de l’avant, de prendre rendez-vous, de s’investir dans leur étude avec l’enseignant comme guide. Après tout, me fait dire le cynisme, au prix qu’on paie… autant en profiter!

Pourtant, s’il existe cette réticence, c’est peut-être bien parce qu’une barrière doit se dresser et entraver la discussion entre les élèves et leur enseignant! En lisant l’article sur le programme d’Études autochtones de cette édition, dans lequel on insiste sur l’importance des Aînés dans la transmission du savoir, je me dis qu’il doit exister, en Occident, une rupture dans le mode d’enseignement en général. Sommes-nous dans une impasse? Si tous les enseignants que j’ai eus à l’Université d’Ottawa savaient offrir des cours d’une grande qualité – et je l’écris en toute franchise –, quel est cet élément clé qui permettrait un plus grand espace de discussion et de débat, non seulement entre les étudiants, mais avec les enseignants comme mentors?

Ce serait tout de même dommage, à près de 37 000 têtes, de passer à côté d’expériences de discussion qui pourraient mener à des percées. Ou à des découvertes dans le partage des compétences.

À quand la prochaine Assemblée générale de la pensée? (En fait, il faudrait d’abord y penser, à cette fameuse Assemblée, et la faire sortir du monde des idées!)

Quand on connaît le slogan de l’Université, «Ça part d’ici», je suis tentée de reprendre les paroles d’une de mes amies qui a d’ailleurs terminé son baccalauréat à Montréal après l’avoir commencer à l’université canadienne: «Ça part d’ici… et moi aussi!» C’est un peu cette mentalité qui prime, il me semble, quand vient le temps de parler de la relation entre les enseignants et les étudiants de la même université. Les premiers partent présenter leur travail ailleurs la plupart du temps alors que les seconds s’empressent de courir les conférences de professeurs renommés d’ailleurs… Si je comprends que le brassage d’idée doive se faire de cette manière aussi, il est grand temps que la barrière de la porte du bureau tombe.

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