La Rotonde Le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

À bon entendeur, salut!

Jean-Claude Izzo, qualifié de «météorite de la littérature française», m’a attrapé par le cœur. Il est notamment connu pour sa série de romans policiers marseillaise, où la confirmation de la complexité des engrenages de la société nous prend à la gorge.

À ses débuts, il écrivait dans un journal qui s’intéressait aux causes sociales et aux injustices les plus diverses. L’une de ses interventions, brillante, à mon avis, parlait de l’importance d’aller au-delà des mots. En effet, ce n’est pas parce qu’on lit sur la famine qu’il faut s’arrêter d’agir: au contraire, il faut harceler sans cesse le gouvernement, participer, rester vigilant, actif.

Sinon, c’est sans doute par là que les dérapages s’opèrent…

Le hachis dans nos finances, l’ère d’austérité, des PDG qui mettent le nez là où plus de 37 000 étudiants auraient dû mettre le leur: il faut y faire face, si la démocratie participative est un mythe, que l’administration utilise à toutes les sauces pour donner l’illusion que ce campus est un univers inclusif, la «consultation» sur le plan d’optimisation durant la période des élections de la FÉUO est un outrage. Celui-ci se double d’une lettre cosignée par 13 recteurs d’universités canadiennes, dont la nôtre, félicitant le budget fédéral. Encore une fois, nos positions sont évincées – plusieurs médias étudiants font d’ailleurs d’intéressantes analyses sur les heurts et paradoxes du soutien financier pour les étudiants –, mais les recteurs s’empressent de plier l’échine et de remercier la main qui a le pouvoir de couper les investissements. À moins que la perspective de financement de la recherche conjointe entre le gouvernement et des compagnies privées n’enthousiasme réellement monsieur Rock, j’imagine que la majorité des chercheurs universitaires risquent de voir d’un œil suspect une telle offre.

Par ailleurs, ce n’est pas parce que le cabinet du recteur nous offre un blogue (j’insiste sur le terme «cabinet») ne laissant paraitre que les commentaires les plus positifs, et que le recteur offre une rencontre aux médias étudiants une fois par mois que les étudiants sont près d’être entendus. D’ailleurs, la rencontre de février avec La Rotonde, après diverses gymnastiques d’horaire (voyage au Japon oblige), a été reportée à une date indéterminée. Celle du 3 mars, bien que prévue plusieurs semaine d’avance, a été annulée à la dernière minute et remise à une date ultérieure elle aussi indéterminée.

C’est dire qu’encore une fois, il n’y a qu’illusion de dialogue…

Vous savez, s’il est facile de critiquer et de se dire que cette chronique n’est elle aussi qu’un ramassis de mots, je m’efforcerai de proposer des solutions concrètes.

D’abord, une réunion mensuelle d’une heure entre le recteur et la population étudiante devrait être instaurée. Qu’Allan Rock prenne une heure, à l’Auditorium des Anciens ou à l’Agora, tiens, pourquoi pas, c’est plus passant, afin de nous résumer brièvement ce qu’il fait là-haut dans ses bureaux. J’imagine qu’être recteur, c’est d’énormes responsabilités et qu’un petit exposé sur un blogue ne rend pas justice à l’ampleur de ses tâches. Mais aussi, parce qu’à 200$ l’heure, on peut bien exiger un minimum d’explications. Une heure sur terre, chaque mois, avec période de questions. Et pas question d’accepter qu’on nous envoie un attaché du cabinet, un représentant du représentant du bureau des communications.

Et je reprends Izzo qui écrivait en 1963: «Surtout ne fermez pas ce journal, ne bâclez pas ce problème»…

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