Un petit pas pour l’étudiant, mais un bon de géant pour la « verteté »
En trottinant vers l’arrêt d’autobus vers 6h50, j’ai trouvé, bien étalé en plein milieu du trottoir, un emballage de Subway tellement complet – avec verre de carton, paille et tout – qu’on eût dit qu’une personne s’était assise à côté de la rue pour manger son sandwich. Debout dans l’abribus, je ne pouvais m’empêcher de fixer les restes de ce festin, me disant qu’il était IMPOSSIBLE que quelqu’un les ait «échappés par accident».
Les traces de négligence de la sorte abondent sur le campus. Cheminant vers la bibliothèque Morisset bien avant l’heure d’affluence, je croise des gens qui marchent énergiquement autour de l’édifice, bâton en main. Club de marche nordique à l’entrainement? Non! C’est l’équipe de terrain chargée de ratisser les moindres recoins du campus pour faire disparaitre comme par magie, avant l’arrivée des étudiants: verres de café vides, mégots de cigarette, pailles, sacs de papier et autres vestiges abandonnés par notre négligence. Leur bâton, chef-d’œuvre d’ingéniosité, est muni d’une pince à son extrémité pour saisir les déchets sans qu’ils aient besoin de se pencher.
Mais, plaiderez-vous, il n’y a pas toujours une poubelle ou un bac de recyclage à moins de deux mètres de distance au moment où, une fois vide, le verre de café qui vous réchauffait les mains se transforme en patate chaude intenable, où votre gomme à mâcher devient dure et insipide et où le trognon tout oxydé de la pomme que vous venez de manger commence à se décomposer entre vos doigts.
Qu’en est-il alors de l’agora du Centre universitaire en fin de journée? Comment se fait-il qu’on retrouve des restes de lunch et autres sur les bancs alors qu’il y a des poubelles aux quatre coins et un comptoir de recyclage trois pas plus loin? Cette question en soulève une autre plus fondamentale: quelle serait la densité de poubelles et de bacs idéale pour que les gens cessent d’abandonner leurs déchets partout? Une par kilomètre carré? Une par 100 mètres carrés? Cinq par 100 mètres carrés?
Rendons-nous à l’évidence: les poubelles et les bacs ne nous courront pas après pour avaler nos déchets à mesure que nous en générons. Le système de recyclage de l’U d’O a été entièrement revu, notamment avec la mise en place, en automne 2008, de comptoirs de recyclage améliorés, conçus sur mesure après avoir sondé la communauté universitaire et placés à des endroits stratégiques, ainsi qu’avec l’installation de bacs transparents à côté des poubelles extérieures.
Emplacements choisis, affiches plus claires, code de couleurs, réceptacle pour les liquides… Nous ne sommes pas aveugles ou illettrés. Que faudrait-il de plus, alors, pour ne plus retrouver les verres de carton dans le compartiment des déchets et des canettes à moitié pleines dans le compartiment du papier, sinon un peu de bonne volonté?


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