Transparence, quand tu nous tiens…
Je connais beaucoup d’étudiants en développement international. À une époque, j’ai même songé à m’inscrire au programme en question. Je m’en souviens parce que le doyen des sciences sociales d’alors, François Houle, était venu au Cégep de l’Outaouais afin de nous présenter les mirifiques options que nous offrait le programme de développement international, unique et nouveau en son genre, disait-il. Pour être parfaitement honnête, je me suis rendue à cette rencontre informelle parce que la pizza était offerte gratuitement.
Eh bien j’ai envie de vous dire que nous sommes nombreux à connaître les atrocités, les jugements et les procès à la Cour pénal internationale, que nous sommes nombreux en sciences sociales à nous intéresser aux instances de la démocratie et à son disfonctionnement, mais que ces connaissances s’arrêtent bien trop souvent aux grandes politiques extérieures, aux grands scandales humanitaires des dictatures sud-américaines, du Darfour, du Timor oriental, etc.
Avec la récente prorogation du Parlement, de nombreux citoyens canadiens ont commencé à se questionner sur la valeur de la démocratie d’ici; d’autres ont vu matière à confirmer leur jugement du gouvernement actuel; d’autres encore, la dérive possible de l’institution démocratique. La réaction est encore timide, mais le savon nous est passé sous le nez – dans la bouche, même – pour nous empêcher de protester.
Tout cela pour dire que malgré tout ce qui se passe sous nos yeux, la réaction est étrangement calme.
Alors, fidèles lecteurs, à notre tour de nous questionner sur les pratiques on ne peut plus nébuleuses, voire totalement opaques, qui ont eu cours lors de la récente élection féuosienne et des remous entourant la campagne… Si ce qui se passe au niveau fédéral nous est annoncé, le labyrinthe de la politique étudiante d’ici, lui, s’ouvre alors comme l’écueil profond de toute tentative de clarté.
Quoi? Le directeur général des élections démissionne quelques jours avant le jour É et Seamus Wolfe ose dire qu’il n’a donné «aucune explication»? Pourtant, dans sa lettre, qu’il a transmise à La Rotonde, De Bellefeuille énonce clairement que c’est le «manque de transparence» qui l’empêche de poursuivre sa tâche avec «intégrité». Mais la lettre ne nous est parvenue par courriel qu’après les élections. On s’en fout.
Et tout le scandale de l’affaire Dubois (où l’actuelle v.-p. aux finances aurait anticonstitutionnellement aidé l’une des candidates aux élections, Amalia Savva, dans l’élaboration de sa plateforme). Après un silence radio de plusieurs semaines, les deux accusées racontent dans le Fulcrum une histoire de transfert entre clé USB et ordinateur de la Fédération, d’oubli de remise de plateforme, tout cela à la sauce d’un comité d’arbitrage étudiant présidé par Sarah Jayne King, candidate élue au poste de v.-p. aux finances de l’exécutif de l’année prochaine.
Une réponse aurait été rendue. Oui, oui, la rencontre en catimini et le procès se seraient déroulés le dimanche 7 février dernier. La réponse elle, ne sera par contre connue qu’au prochain CA de la FÉUO.
Ce n’est pas que je sois paresseuse, mais avoir à se démener autant avec l’administration de notre syndicat étudiant pour obtenir un peu plus d’information ou d’éclaircissements ne me semble pas normal.
Je me demande ce que tous ces cerveaux qui étudient les injustices d’ailleurs – et il faut le faire, là n’est pas la question – se mettaient à carburer sur les manières d’établir des élections transparentes et dignes de ce nom. Peut-être qu’on en finirait avec ces histoires capables d’inspirer le plus profond dégout de la politique? Sur ce, je m’en vais dîner en guise de protestation avec la République populaire du délice, mais cette fois ce ne sera pas la nourriture gratuite qui motivera mon action.


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