Si on est ce que l’on mange…
À l’Université d’Ottawa, l’étudiant est plus souvent qu’autrement obligé de se procurer sa pitance dans un établissement gérer par Chartwells. En effet, la compagnie détient un quasi-monopole sur ce que les étudiants peuvent acheter comme nourriture sur le campus. Au-delà du fait que l’argent des étudiants permet à une multinationale de se remplir les poches, est-il possible que Chartwells, en la quasi-absence de concurrence, puisse se permettre de servir des produits dont la qualité laisse à désirer et dont les prix paraissent exorbitants à beaucoup d’étudiants?
Les monopoles donnent une grande latitude à ceux qui les détiennent. En ce qui a trait à l’alimentation, il est principalement question de deux aspects: le prix et la qualité des produits offerts. Une compagnie pourrait alors être tentée d’augmenter ses prix et/ou de diminuer la qualité de ses produits afin d’augmenter son bénéfice marginal. Chartwells ferait peut-être partie de cette catégorie, si l’on se fie à l’analyse de certains étudiants.
Le premier problème qui se pose est effectivement d’ordre financier. Lorsqu’un étudiant dépense son argent au PIVIK ou au Café Alt, indirectement, l’argent lui revient puisqu’il s’agit de commerces gérés par la FÉUO. Dans le cas où il se rend dans l’un des points de vente de Chartwells, son «retour sur investissement» est inévitablement moindre.
Faudrait-il pour autant que tous les services alimentaires soient pourvus par des étudiants? Il y a des gens dont c’est le métier de fournir ce genre de services et ils font très bien leur travail – peut-être même parfois mieux que des gérants étudiants qui ne sont que de passage.
Cela dit, Chartwells ne devrait pas avoir le monopole. En effet, comme on peut le constater, il est difficile pour une seule entreprise de répondre aux besoins variés d’étudiants aux gouts variés. Pourtant, le campus est assez grand pour voir la cohabitation de commerces étudiants, de quelques chaînes, de services plus spécialisés pour les végétariens, les végétaliens, les diabétiques, de la bouffe halal, de la bouffe kasher, etc.
En ce qui a trait à la qualité des produits, il faut cependant admettre une chose: chez Chartwells, le gout est uniforme d’une fois à l’autre. Souvent, c’est ce que les gens recherchent, l’uniformité. Ils savent que quand ils vont à telle place, il trouveront tel gout. C’est d’ailleurs ça, l’avantage des chaînes de restauration, et n’en déplaise à certains, c’est ce qui fait la popularité des Subway, Tim Horton’s, Second Cup, etc. Après tout, quand on paie, on veut être sûr que le gout réponde à ses attentes.
Cependant, comme c’est le cas présentement au Québec, nous sommes en droit de nous demander si le fast-food a vraiment sa place dans un établissement scolaire, où, selon plusieurs, on devrait plutôt promouvoir une alimentation saine et riche en produits frais. Le fait, par exemple, que Chartwells n’ouvre que son comptoir de fast-food pendant l’été est en ce sens déplorable.
Il est certes vrai que les principes qui guident les multinationales vont parfois à l’encontre des valeurs qu’on cherche à promouvoir sur un campus universitaire. Entre autres améliorations souhaitées, beaucoup d’étudiants aimeraient que les Services alimentaires se dotent d’une politique d’achat de produits locaux afin de favoriser la croissance économique locale et de diminuer les couts et la pollution liés au transport.
Le contrat d’exclusivité avec Chartwells se terminera en juillet 2011. Il reste donc un peu plus d’un an avant un possible renouvellement de celui-ci. C’est le moment où jamais de faire part à nos élus étudiants de nos besoins afin qu’ils puissent nous représenter lorsqu’ils s’assiéront de nouveau avec l’administration. Qui de mieux, pour comprendre les intérêts alimentaires et monétaires des étudiants, que les étudiants eux-mêmes?
En attendant, la meilleure façon de manger à notre gout sans nous ruiner, c’est encore d’aller à l’épicerie et de faire nos lunchs nous-mêmes! Ce faisant, nous pouvons choisir les aliments qui répondent le mieux à nos besoins et qui sont produits selon nos valeurs. C’est aussi la meilleure façon de devenir des consommateurs avertis et de vraiment changer quelque chose dans l’industrie agroalimentaire et de la restauration grâce aux choix que nous faisons. Comme le dit Laure Waridel, co-fondatrice d’Équiterre, dans le titre de son livre, «acheter, c’est voter»!


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Des points très importants et vrais!!! Je suis d’accord, par contre, même l’épicerie impose ce qu’on peut acheter et surtout lorsque les élève ont un budget limité.
Mais, en effet, il faut commencer quelque part et éduquer les gens d’où viennent leurs aliments.