Pas pour les enfants
Comme tant d’autres, le club de water-polo masculin de l’Université d’Ottawa s’inscrit dans la lignée des équipes sportives affiliées au Gris et Grenat à qui on accorde peu, pour ne pas dire pas d’attention. Néanmoins, une rencontre avec Alexandros Georgalis, adepte de cette discipline qui évolu au sein de l’équipe, a démystifié et expliqué ce sport que peu de gens seraient aptes à pratiquer, en plus de nous exposer la dure réalité des athlètes faisant partie d’un club.
Mais où sont les clubs?
Il semble qu’il ne soit pas toujours facile de localiser les clubs sportifs sur le campus ou même de savoir qu’ils existent. De fait, l’athlète d’origine grecque arrivé du Djibouti, en Afrique, en janvier 2009, ne s’est joint à l’équipe de water-polo qu’en septembre dernier. Il n’aurait jamais su qu’il y avait un club sportif du genre à l’Université si ce n’avait été de sa propre initiative; il est en effet allé lui-même au Service des sports au pavillon Montpetit pour s’informer sur les activités offertes et c’est là qu’il a par hasard découvert que le water-polo se pratiquait sur le campus.
Georgalis explique cette situation inconfortable par le manque de publicité liée aux clubs sportifs sur le site de l’Université, son absence quasi totale en fait. Un problème dont l’Université ne semble pas tenir compte.
Un sport de durs
Pourtant, le water-polo est un sport admirable et très technique, mais, comme l’affirme Georgalis, «beaucoup de gens trouvent ce sport intéressant, mais bien peu peuvent le pratiquer». Effectivement, le water-polo est selon lui un sport qui est très exigeant tant au niveau cardio-vasculaire que physique et psychologique.
Pour bien illustrer la réalité de cette discipline, Georgalis raconte qu’après avoir passé le processus du formulaire pour entrer dans l’équipe, l’entraineur a convoqué tous les aspirants pour leur expliquer en long et en large en quoi consistait le water-polo, les risques et les implications de la pratique d’un tel sport. Cela fait, la première pratique a selon lui été capable d’en décourager plus d’un; seulement sept recrues sont restées par la suite, les autres ont quitté.
Pour continuer, l’athlète admet que le club n’est pas très invitant pour les nouveaux, car les «anciens», comme il les appelle, ne sont pas très ouverts et ont déjà leur bande établie depuis longtemps. Toutefois, il ajoute que ce sont malgré tout des gens forts sympathiques et que même s’il est de prime abord difficile de s’intégrer au groupe, la chimie d’équipe n’en demeure pas moins unie. En effet, même s’il note que les accrochages entre coéquipiers sont fréquents et parfois même agressifs, il rappelle que c’est la nature du jeu et «qu’après, [ils sont] tous capable de rigoler».
En quête de reconnaissance
Si le club de water-polo porte le sigle des Gee-Gees et participe bel et bien à plusieurs compétitions au cours de l’année, Georgalis affirme que l’administration de l’Université ne semble pas prendre en compte ce fait et qu’elle leur offre bien peu de soutien, autant financier que matériel.
Ainsi, Georgalis confie que leur équipement de water-polo est fonctionnel, oui, mais qu’il se fait vieux. De plus, les athlètes doivent débourser de leur poche leurs déplacements (mis à part l’essence et l’hôtel) et s’organiser entre eux pour se rendre aux compétitions étant donné que l’Université ne fournit pas d’autobus. Cette réalité, Alexandros Georgalis la déplore, car même s’ils ne sont pas une équipe reconnue au niveau interuniversitaire, il dénonce le fait que les équipes de hockey ou de basket-ball voient toutes leurs dépenses défrayées par l’Université d’Ottawa.
En somme, il semble qu’ici, à l’université canadienne, on doive être prêt à faire plus de sacrifices pour faire partie d’un club sportif.


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