La Rotonde Le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

Méchante déception

Depuis une semaine déjà, l’évènement auquel le Canada se prépare depuis plusieurs années est lancé. Les Jeux olympiques monopolisent presque totalement notre téléviseur et nos médias. Au centre de ce brassage médiatique, politique et économique: les athlètes. Une fois tous les quatre ans, notre attention se porte exclusivement sur eux et nous reposons pendant deux semaines nos espoirs de grandeur nationale sur leurs épaules.

Par ailleurs, j’entends depuis quelques jours des gens se plaindre de la piètre performance de nos athlètes sur le sol canadien; ils sont mauvais, incapables de gagner des médailles, bref des «pas bons». Évidemment.

Toutefois, je dois dire que je ne m’habitue pas à ces récriminations. À croire qu’on ne méritait vraiment pas d’organiser les Jeux d’hiver de 2010; nation de perdants! Heureusement, la réalité est tout autre. De fait, nos athlètes canadiens sont véritablement des champions, des gagnants.

Nous sommes conditionnés par la publicité et toute la farandole médiatique à espérer le meilleur de nos représentants olympiques, et le meilleur, c’est la première place, la médaille d’or. On oublie ainsi que les Jeux olympiques représentent la compétition de plus haut niveau au monde, que la concurrence y est féroce et que les délégations des autres pays sont aussi prêtes à tout pour se hisser sur la plus haute marche du podium. La pression ressentie par les athlètes est énorme, presque insoutenable, et en grande partie générée par le public et les attentes incroyables qui leur sont imposées.

Nous ne nous soucions que peu ou pas des efforts de ces grands athlètes et nous les suivons encore moins durant leur cheminement post-olympique. Pourtant nous ne nous privons pas de les critiquer devant notre téléviseur lorsqu’ils terminent cinquième (Éric Guay en ski alpin, par exemple), bien que nous soyons à des milliers de kilomètres du parcours, à des années-lumières du skieur. Que récolte donc un athlète pour sa performance et ses années de sacrifices? Rien. Le néant, que des commentaires pessimistes, négatifs et décourageants sur son incompétence et celle de la plupart de ses collègues: «Les Canadiens sont mauvais!» Néanmoins, nous nous faisons un plaisir de nous glorifier lorsque l’un deux remporte l’or: «On a gagné!» Bref, nous sommes des égoïstes.

En somme, cet égoïsme ne se retrouve pas seulement aux Jeux olympiques, mais aussi dans toutes les sphères du sport. Pour nous ramener au niveau universitaire, je prendrai l’exemple de la Classique de basket-ball à la place Banque-Scotia… les Gee-Gees ont perdu ce soir-là. Le premier commentaire entendu: c’est la faute à Gibson-Bascombe, il a mal joué. Le premier réflexe a été de blâmer les joueurs, les athlètes. Peu importe que les Ravens se classaient à ce moment-là deuxièmes au pays. Nous avions des chances de gagner, le Gris et Grenat nous a déçus et nous l’avons crucifié sans pitié.

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