La Rotonde Le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

Les choix de La Rotonde : Présidence

par Mathieu Langlois.

La Rotonde appuie Bruno Gélinas-Faucher.

Bruno Gélinas-Faucher

En voilà un qui présente la seule plate-forme vraiment novatrice et audacieuse, la plus proche des étudiants, la plus profonde, et qui ne promet pas que des bonbons. Son mot d’ordre: décentraliser la FÉUO et retourner à la base pour une participation étudiante plus active. Gélinas-Faucher a mené un solide débat, a su défendre ses idées avec cohérence et assurance. Il a un curriculum fort, notamment en tant que membre du Conseil d’administration de la FÉUO pour la faculté de Droit civil.

Il n’a pas peur d’affirmer ses idées, comme sa position en défaveur de la FCÉÉ, et connaît mieux que ses rivaux les failles du système. Il démontre de l’intégrité et de la franchise et sait que les étudiants se sentent déconnectés de la FÉUO.

Les bémols: une campagne faible qui ne rejoint pas l’électorat anglophone. De plus, ses trois grands projets sont idéalistes: décentraliser le pouvoir de la FÉUO, ranger l’Université d’Ottawa sous la Loi sur les services en français de l’Ontario et créer des assemblées générales. Il s’agit de voir comment il les mènera toutes à terme en une seule année. Enfin, on ne sait pas ce qu’il adviendrait de tous les services qui demandent une coordination plus large que les corps fédérés ne sauraient offrir.

Amalia Savva

Présentement présidente de l’Association étudiante des études politiques, internationales et en développement, la plus grande association étudiante, tout porte à croire que Savva sait faire preuve d’organisation. Son niveau de français est très bon. Elle mène une campagne visible sur le campus grâce à ses affiches dynamiques. Toutefois, la vidéo de sa campagne la montre peu vigoureuse. De plus, lors du débat, elle était fade et manquait de mordant comparativement à ses opposants.

Elle semble ébranlée par le scandale qui entoure sa campagne (voir article en page 16), ce qui démontre qu’elle n’a peut-être pas les nerfs assez solides pour le poste qu’elle convoite. Elle aurait pu mieux se défendre et profiter du débat pour mettre les choses au clair si elle n’a effectivement rien à se reprocher.

Autre bémol: plutôt que de fonder sa campagne sur une vision, comme un aspirant président doit le faire, elle la fonde sur des rabais. Sa plate-forme dans son ensemble manque de contenu et ressemble davantage à un feuillet promotionnel interminable de promesses, comme d’avoir la meilleure Semaine 101 au Canada, ce qui laisse douter de la compréhension de Savva du poste qu’elle souhaite occuper. Savva opte pour le statu quo.

Sébastien St-Amour

La campagne de St-Amour est impressionnante: présence d’affiches, site web de grande qualité, présentations en classe. Il a réussi à se faire connaître et à intéresser ou à intriguer les étudiants. Il a mis du piquant dans la campagne et lors du débat, toujours avec ironie. Ses allusions sont bien placées et démontre sa perspicacité (allusion au scandale entourant Savva et Dubois lors du débat). Il a terminé le débat en lançant: «Ce n’est pas ma candidature qui est une blague, mais ces élections qui en sont une.» Il a cependant créé de l’émoi et quelques malaises durant le débat. Certains affirment qu’il est facile de proposer une position satirique, mais qu’il aurait mieux fait de mettre son énergie à proposer une vraie campagne. Sa plate-forme est étoffée par des mesures qui prônent le statu quo ou des idées farfelues comme l’abolition de l’environnement, mesure qui serait renforcée par une journée sans respiration. Son débat d’ouverture a provoqué une vague de bruit lorsqu’il a commencé à chanter sur “Let’s Get It On” en lançant sa veste à la foule. L’avoir comme président serait alarmant, mais l’humour qu’il apporte à ces élections a réussi à mettre en évidence un problème latent au sein de la vie politique étudiante en général.

Tyler Steeves

Pour une deuxième année consécutive, Steeves brigue le même poste. Il est très charismatique et dynamique, il préconise une approche proactive et sa campagne est solide. Au-delà d’une présence notable sur le campus en matière d’affiches, sa vidéo électorale ne manque pas d’énergie. Il a un bon niveau de français. Il a beaucoup d’idées, notamment d’inscrire les dates d’examen sur les syllabus, de créer un camp d’entrainement en collaboration avec le Centre de bilinguisme pour donner des bases aux étudiants unilingues dans leur langue seconde. Il veut aussi instaurer les «jeux des facultés». Son ambition de créer un sentiment d’appartenance à l’Université est convaincante et pertinente, et lors du débat, il a reconnu que la FÉUO était déconnectée des étudiants. Il semble bien connu sur le campus et passionné. Pourtant, il semble manquer de connaissances sur les enjeux du campus et sa plate-forme en générale manque d’envergure. Il ferait un meilleur v-p aux activités sociales. Steeves semble vouloir plaire à tout le monde et c’est ce qui peut paraitre inquiétant quant à sa capacité de défendre les étudiants auprès de l’administration. Son dynamisme sera son grand atout dans cette campagne.

Laisser un commentaire
Vos commentaires peuvent être utilisés pour publication