La faim annoncée d’un géant?
À la veille de l’appel au boycott des produits de Chartwells, le groupe Facebook annonçait 2252 confirmations.
Un groupe Facebook encourageant les étudiants de l’Université d’Ottawa à boycotter les points de distribution de Chartwells sur le campus a atteint plus de 2200 invités confirmés au milieu de la semaine de lecture. Si tous ces internautes passent à l’acte, cela pourrait représenter un coup dur pour l’entreprise dont le contrat d’exclusivité se termine l’année prochaine.
«Le lundi 22 février est la première journée d’école après la semaine de lecture. Chartwells aura besoin d’une journée bien remplie après une semaine avec peu de clientèle et peu de profits. Vous êtes invités à leur montrer que nous voulons des changements du côté de la vente de nourriture sur le campus en n’achetant aucun produit Chartwells ce jour-là», peut-on lire sur la page web de l’évènement.
C’est la République populaire du délice, un groupe étudiant végétalien qui offre de la nourriture gratuitement tous les mercredis, qui sera chargé de distribuer des plats devant la foire alimentaire du Centre universitaire en guise de protestation.
Mettre la main à la pâte
La Rotonde a rencontré Shaughnessy O’Reilly, un des administrateur de la page encourageant au boycott, afin de connaître les origines de ce mouvement. «L’idée est venue d’étudiants en première année qui sont à l’origine d’un autre groupe sur Facebook intitulé “Je vous gage que je peux trouver 36 244 étudiants de l’Université d’Ottawa qui détestent la caf.”» Par ailleurs, O’Reilly est maintenant l’un des administrateurs de ce groupe.
Étudiant en sciences sociales à l’U d’O depuis trois ans, O’Reilly considérait qu’il était grand temps de protester contre des services alimentaires qu’il juge «déplorables». «En gros, je trouve que le cœur du problème se résume ainsi: de la nourriture de mauvaise qualité à un prix trop élevé», dit-il, ajoutant que les plans alimentaires sont une arnaque. «Au-delà du boycott, j’encourage tous les étudiants à demander un remboursement de leur plan alimentaire. Je sais bien qu’ils ne l’auront pas, mais si suffisamment de personnes le demandent, qui sait ce qui pourrait arriver?» renchérit-il dans un échange de courriel.
Patrick Genest, gestionnaire des Services alimentaires de l’Université, affirme qu’environ 1700 étudiants se prévalent du plan alimentaire. «C’est probablement le plus haut ratio au Canada là où les plans ne sont pas obligatoires», soutient-il.
Passer le message
Selon O’Reilly, le boycott est l’occasion d’envoyer un message clair à l’administration de l’Université. «Nous montrons à Chartwells que beaucoup d’étudiants ne sont pas satisfaits des services alimentaires sur le campus et à l’administration, qu’il est grand temps que l’amélioration des services deviennent une priorité.» O’Reilly souligne en outre que plusieurs étudiants d’autres universités, en Colombie-Britannique et à Toronto, notamment, sont solidaires à la cause et songent à faire de même chez eux.
À propos du boycott de Chartwells, Patrick Genest confirme qu’il est au courant de l’action. «Il y a quelqu’un du groupe Facebook qui m’a effectivement écrit la semaine passée, mais c’est sûr qu’on travaille sur l’amélioration des services alimentaires depuis un bout [de temps]», se défend-il.


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