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L’Orchestre symphonique d’Ottawa en trois temps

La salle Southam du Centre national des Arts (CNA) a su attirer une foule fébrile le lundi 25 janvier dernier avec un concert de taille par l’Orchestre symphonique d’Ottawa (OSO). Cet orchestre a présenté trois œuvres aussi alléchantes les unes que les autres: Tezeta de Pierre Chrétien, le Concerto no 1 pour violoncelle de Chostakovitch, et enfin un spectaculaire Concerto pour orchestre de Bartok.

L’importance était de mise avec la causerie d’avant concert au salon du CNA en compagnie de Christopher Moore, professeur adjoint à l’École de musique de l’U d’O. Celui-ci nous proposait un petit voyage dans le temps afin de faire la connaissance des trois compositeurs ainsi que de leurs œuvres. Il a su peindre des images éloquentes au sujet de ceux-ci à l’aide d’un clavier à portée de main, et à remplir la majorité des sièges. Malheureusement, il y a eu quelques problèmes techniques et certaines explications se sont perdues dans le bruit provenant du foyer.

Par la suite, un invité de marque est venu présenter l’orchestre ainsi que son chef, David Currie. Anecdote savoureuse, le recteur de l’U d’O, Allan Rock, a déambulé sur scène pour ensuite révéler qu’il aurait jadis joué du violon et été l’un des membres fondateurs de l’Orchestre des jeunes d’Ottawa.

La nostalgie et l’émotion en première partie

Puis a débuté Tezeta de Pierre Chrétien, compositeur ayant complété en 2009 une maîtrise en musique en composition et en théorie à l’U d’O. La grande première s’est déroulée dans une atmosphère de mystère créée par les vents dans une longue plainte qui s’est transformée en fanfare. Le titre seul donne rapidement le ton de la pièce: Tezeta peut signifier une émotion (la nostalgie, dans ce cas), un style musical et un mode ou une gamme. Les musiciens ont su bien interpréter cette oeuvre avec énergie et émotion, tout en faisant des transitions impeccables entre les thèmes afin de conclure de façon victorieuse avec les accords tutti.

Un soliste de l’U d’O

Ensuite, ce fut au tour de Brian Yoon de prendre place sur scène en tant que soliste au même endroit où avait joué Lynn Harrell quelques mois plus tôt. L’étudiant de dernière année du baccalauréat en musique de l’U d’O a attaqué le Concerto no 1 pour violoncelle de Chostakovitch avec confiance, entamant le motif de quatre notes de façon à capter toute l’attention dès le début. Il s’est perdu dans la musique au point où quelques crins de son archet se sont brisés à quelques reprises pendant le Moderato. La symbiose entre le soliste et l’orchestre était remarquable lors de passages où les cordes semblaient imiter un vent froid pendant une envolée lyrique du violoncelle.

Les passages pizzicato et arco se sont enfin mariés afin de créer un duo en soi. Tout en jouant une mélodie en utilisant l’archet, Yoon s’accompagnait de pizz avec sa main gauche. Aussitôt la prestation terminée, la salle s’est levée en ovation devant ce chef-d’œuvre sonore.

Concerto pour orchestre

Enfin, Bartok a monopolisé toute la deuxième partie du concert. Ce Concerto pour orchestre fut composé par un Bartok malade, exilé de Hongrie et tentant de gagner sa vie à New York.

Ce fut grâce à deux autres expatriés hongrois que Bartok reçut la commande de la Fondation Koussevitzky pour une œuvre dédiée à la mémoire de l’épouse du chef d’orchestre. Le titre de l’oeuvre s’explique du fait qu’un concerto met en valeur un ou plusieurs solistes, qui peuvent alors étaler leurs prouesses musicales. Le Concerto pour orchestre exige une telle maîtrise de chaque section de l’orchestre que chaque musicien pourrait avoir l’impression d’être l’élu de la soirée.

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