La Rotonde Le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

Je vous parle d’un temps que les moins de 50 ans connaissent encore

Avec La Rotonde, je me découvre une nouvelle passion pour les archives. En effet, elles sont d’un bourgogne et d’une élégance, les reliures qui, depuis 75 ans, conservent les publications de notre journal étudiant. D’une part, il est amusant de voir l’effet de la technologie sur la mise en page. Mais par-delà les ans, quelque chose semble demeurer:  l’éternelle rhétorique politique.

Dans l’édition du 28 février 1980, il y a 30 ans presque exactement, les candidats aux diverses fonctions de la FÉUO se prononcent. Ce qu’il y a d’étonnant, c’est la relative stagnation des débats. Je cite Chabot, alors candidat à la présidence: «D’abord, le Centre universitaire a été mal pensé. On aurait dû y faire une salle permettant aux étudiants de se rencontrer, de là mon idée d’un café étudiant. […] J’aimerais que les étudiants puissent contrôler un jour leur propre librairie [dans le Centre universitaire].» Du côté d’un autre candidat, Coakeley, je note ceci: «Un changement de la mentalité de la Fédé apparait urgent. On doit accroître la communication entre la Fédé et les étudiants, soit par des forums aux pavillons Tabaret et Colonel By […].» Les questions d’implication étudiante, de communication claire avec les étudiants, de bilinguisme, etc., se retrouvent dans toutes les bouches cette année-là.

C’est d’ailleurs ce qui m’énerve de cette campagne, comme de toutes les précédentes. Je comprends le désabusement des gens: le vote électronique, l’an passé, a peut-être gonflé le taux de participation, mais à quoi bon si les candidats s’évertuent à nous raconter les mêmes salades? Partout, la même histoire de partis-âneries! A-t-il déjà existé, le temps où les idées primaient? Les membres de l’exécutif ont beaucoup à faire pour soulever les défis de transparence et d’accessibilité.

Cette année, il n’y aura pas de miracle. Les discours auront toujours cet accent de démagogie. La langue sera toujours un grand défi, vu la population anglophone croissante. Mais si mes souhaits pouvaient s’exaucer, je voudrais que le principe d’assemblée générale soit adopté. Est-ce trop demander? Peut-être que dans 30 ans, les étudiants de demain se battront encore pour quelque chose qui aurait pu être acquis… grâce à l’exécutif élu cette année?

Laisser un commentaire
Vos commentaires peuvent être utilisés pour publication