Des promesses sur fond de coupes budgétaires
Malgré le plan d’optimisation, les Services alimentaires semblent carburer à l’optimisme et aux profits mystères.
Pour certains, c’est le gout; pour d’autres, les prix, que certains taxent de prohibitifs; pour d’autres encore, le choix restreint des aliments et la qualité du service à la clientèle. «Je ne comprends pas pourquoi je dois payer 0,25$ quand j’utilise ma carte débit pour payer», s’indigne une étudiante en philosophie. «J’ai l’impression qu’on rit de moi: je suis végétarien et les options ne sont pas très santé ou variées pour moi», déplore un autre étudiant. «C’est gênant pour une université aussi grande d’avoir à essuyer ce genre de critique: je préférais de loin ma cafétéria au secondaire», avoue un autre.
Aucun des 17 étudiants interrogés n’avait de commentaires positifs pour la nourriture de la cafétéria.
Monopole et profit
Lorsqu’on demande pourquoi les prix sont si élevés, Patrick Genest, gestionnaire des Services alimentaires de l’Université, rétorque qu’ils ne le sont pas nécessairement. «Quand on parle avec les autres universités, les prix sont plus ou moins similaires. On a aussi fait des études de marché dans le secteur: on trouve que les prix sont au même niveau. On a fait une grosse recherche et ce n’est pas nécessairement plus cher sur le campus. Il faut aussi faire le constat que tout a augmenté depuis les dernières années, […] ce qui fait que l’item sera lui aussi plus cher», explique-t-il.
Malgré toutes ces hausses, quelle est la marge des profits engrangés par l’Université? «À partir de notre contrat avec Chartwells, il nous est impossible de divulguer les informations concernant les profits», déclare Genest. En effet, lorsque La Rotonde a obtenu une copie du contrat liant l’entreprise Follet avec l’Université en vertu de la Loi sur le droit à l’accès à l’information, toutes les parties du contrat qui concernent les finances étaient noircies. Pour la même demande faite pour le contrat de Chartwells, l’Université déclare qu’elle censurera les même informations.
«Par contre, les profits que l’Université reçoit de son contrat avec Chartwells sont utilisés pour refinancer d’autres projets au niveau des Services alimentaires», affirme Genest. Autrement dit, les surplus provenant des Services alimentaires sont directement réinvestis dans les Services alimentaires.
À titre d’exemple, une rénovation majeure de la cuisine principale se chiffrant à 3,5M$ a été effectuée. Les infrastructures dataient des années 1980, l’Université en a profité pour apporter des changements en matière de développement durable. «On a changé tout l’équipement pour qu’il consomme moins d’énergie», explique Genest.
«On a ouvert le Café Écolo [au pavillon Lamoureux], on a fait des rénovations au restaurant Jazzy. C’est entre autres comme ça qu’on réinvestit l’argent dans les Services alimentaires», conclut Genest. De plus, certains des 22 points de vente qui parsèment le campus font des profits alors que d’autres sont déficitaires. Genest explique alors qu’une autre part des profits sert à maintenir en place ceux qui ne font pas d’argent. «On fermerait probablement trois à quatre points de vente dans les facultés si nous n’avions pas une vision pour les étudiants.»
Les 24 travaux de l’Université
Depuis le mois de juillet, les Services alimentaires travaillent avec des étudiants et des membres de l’administration. «On a eu huit ou neuf rencontres depuis le mois de juillet. On a sorti 24 recommandations et on les a présentées au Conseil d’administration à la mi-décembre. On nous a demandé de construire un plan de travail basé sur les recommandations, qui sera présenté au comité des Services alimentaires.»
Genest rappelle qu’une des recommandations du groupe de travail est que celui-ci continue de travailler afin de veiller à l’implantation des recommandations. «Trois ou quatre fois par année, on se rencontrerait pour voir où on en sera», affirme-t-il.
Deux autres des recommandations seraient d’avoir une carte unique pour le campus et d’ouvrir le plan alimentaire à la grandeur du campus, tout en respectant les normes sur les plans alimentaires de Revenus Canada pour ce qui est de ce qui peut être considéré comme un repas.
«Les étudiants pourraient donc utiliser leur plan alimentaire dans des points de vente comme le Nostalgica, le Café Alt et une partie du Pivik. Au lieu que ce soit juste Chartwells qui ait le monopole du plan alimentaire, ce serait à la grandeur du campus. Cela est planifié pour l’automne 2011, le temps de mettre les infrastructures en place», affirme Genest.
De plus, à partir du 15 mars, le café de la résidence sera ouvert 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.
Nouveauté en perspective
Dès l’automne prochain, les Services alimentaires prévoient, en réponse à l’une des 24 recommandations, mener des groupes de discussion avec l’ensemble de la communauté universitaire, et non pas exclusivement avec les associations des résidences.
En ce qui a trait à la diversité alimentaire, un concept dit interchangeable sera possiblement mis en place d’ici la prochaine rentrée, si les recommandations sont approuvées par le Bureau des gouverneurs. Ce concept consiste en un nouveau kiosque qui offrirait en rotation, chaque mois ou chaque deux mois, des mets provenant de différents pays.
Cependant, le sceau d’approbation n’a pas encore été apposé sur les recommandations. De plus, avec le plan d’optimisation en branle, on peut se demander comment ces promesses seront tenues.


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Article intéressant.
Je pense qu’il ne devrais jamais y avoir de monopole dans une institution de ce genre. Les étudiants ont presque tous des dettes et les services alimentaires ne font pas grand chose pour les aider, ils sont là pour faire de l’argent. Déjà si il y aurait une compétition les commercants seraient plus incités à réduire leur coûts. Peut-être que l’Université d’Ottawa pourrait s’inspirer de Carleton sur ce point…
Non seulement certains items sont beaucoup trop chers, mais je trouve cela déplaisant de voir les employés compter précisément la quantité de nourriture que l’on nous donne, surtout au prix qu’on paie. Ex. le spécial du jour est un repas chinois: la cuillère remplie sans dépasser les 1/8, sinon il faut la vider plus. Deux petits morceaux de viande, pas trois, même si un des deux est minuscule. Je le dis parce-que j’ai l’impression de voir cette façon d’agir qu’on ne voit pas ailleur (subway, food-court du centre rideau, etc…).