Ahora : on n’est pas tout à fait au Mexique
La cuisine mexicaine, c’est des ingrédients frais, des saveurs brillantes, des couleurs vives et des épices d’une étonnante variété. Il est facile de comprendre pourquoi tant de pays ont importé, soit intégralement ou par quelque réinterprétation, cette tradition culinaire. Malheureusement, la qualité des restaurants mexicains est souvent inversement proportionnelle à leur distance de la mère patrie. Pour ceux qui ne suivaient pas en géographie, Ottawa, c’est plutôt loin du Mexique.
J’ai donc visité Ahora (307, rue Dalhousie) avec l’intention de vérifier ma théorie. Situé dans un sous-sol coloré et festif, ce petit restaurant fait souvent l’objet d’éloges et de compliments: convivial, simple, abordable et rapide sont des qualificatifs communs. Pour ce qui est de l’atmosphère, je me range dans ce camp. On s’assoit où on veut et on commande ensuite au comptoir, où l’on est accueilli avec sourires et chaleur. Les assiettes sortiront rapidement de la cuisine, mais dans ce bref délai, prenez le temps de visiter le bar à condiments, qui offre entre autres une variété de salsas, piquantes ou non, des jalapeños et du pico de gallo. Si vous êtes comme moi, vous en profiterez avec un peu trop d’enthousiasme.
Cet enthousiasme ne saura se maintenir tout au long du repas. Une entrée de nachos au poulet (9,25$) commence le repas sans trop de fanfare, un peu trop générique malgré les chips fraîches et croustillantes. Des quesadillas (7,25$) n’inspirent pas davantage, avec des tortillas commerciales et d’infimes couches de fromage et de guacamole qui n’arrivent pas à bien cadrer le poulet bien grillé. Ces deux plats n’étant pas typiquement mexicains, je garde espoir pour le reste.
Mais, en vain. Des tacos (4,75$) au poulet sont presque identiques aux quesadillas, sauf plus froids et avec un peu de salsa. Une tranche de lime ne réussit pas à réveiller le tout. La salade qui l’accompagne est flétrie et flasque, demeurant presque intact au bord de l’assiette. La viande (poulet ou bœuf) rôtie de l’assiette de carne asada (12,75$) est la même qu’on retrouve dans tous les autres plats, goutant bien le gril, oui, mais sèche et tout à fait dépourvue d’assaisonnement. Les burritos sont peut-être les plus intéressants des mets goutés, même s’ils arrivent tièdes à deux reprises. Une grande tortilla fourrée de bœuf, de fromage, de haricots noirs, de riz, de salsa, de laitue, de guacamole et de crème sure (8,95$) ne satisfait pourtant pas les critères d’un burrito idéal, qui devrait être gros, mais densément fourré, avec un équilibre d’ingrédients faisant en sorte qu’ils se marient et tirent avantage de leur union. Les ingrédients, ici, restent distincts, situation qui met en valeur leur manque de gout et de fraîcheur.
Les salsas dont je vous parlais plus tôt peuvent être utilisées pour raviver dans la mesure du possible les mets, mais ces sauces, plutôt liquides, laissent les tortillas ramollies et désagréables. Ce n’est évidemment pas la solution parfaite, solution qu’on ne devrait d’ailleurs pas avoir à chercher.
Cependant, ce n’est pas que déception. Une diversité de boissons mexicaines sont disponibles, comme des boissons gazeuses au melon ou au tamarin. On retrouve aussi la horchata (2,25$), une boisson présente dans plusieurs cultures latino-américaines et faite à partir de riz, de lait, d’amandes broyées, de sucre, de vanille et de cannelle. Le résultat est un liquide laiteux au gout unique et, surtout, sucré. Également, au dessert, des churros (beignets frits mexicains) au dulce de leche (3,75$) sont croustillants, chauds et décadents: tout à fait délicieux.
Reste que ma théorie semble tout à fait convenir à Ahora, qui n’arrive pas à faire voyager notre palais au Mexique.
Pour encore plus de critiques, de photos et de commentaires au sujet des repas, visitez le blogue de bouffe d’Eric Ricou à l’adresse http://motdelafaim.blogspot.com/.


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