Mise à l’écart des étudiants : « la méfiance ou le mépris » selon la GSAÉD
Alors que la publication de la proposition de plan d’optimisation des ressources prend du retard, la frustration est à son comble chez les syndicats étudiants. Ces derniers accusent l’administration universitaire de les avoir écartés du processus d’élaboration des compressions budgétaires de 5 %, ou de « l’optimisation des ressources » dans le langage du recteur. D’une même voix, la Fédération étudiante (FÉUO) et l’Association des étudiants diplômés (GSAÉD) disent ne pas comprendre les raisons de cette mise à l’écart et en appellent à Allan Rock afin d’obtenir des explications.
36 244 étudiants, aucun siège réservé
Le principal point de frustration pour les leaders étudiants réside dans l’absence de représentation étudiante au sein des 12 comités d’élaboration du plan de compression budgétaire.
Dès mai 2009, alors que les comités sectoriels se mettaient en place, les deux syndicats étudiants ont fait parvenir une lettre, dont La Rotonde a obtenu copie, au cabinet du recteur afin d’informer celui-ci de leur volonté de participer au processus. En plus d’un siège au comité de direction du plan, la FÉUO et la GSAÉD demandaient un siège sur trois comités dont le mandat est lié directement aux étudiants.
« Ils nous ont dit non », déclare Gaétan-Philippe Beaulière, commissaire à l’externe pour la GSAÉD. Ted Horton, vice-président aux affaires universitaires à la FÉUO, présente son interprétation des justifications données par l’administration : « On voudrait des personnes qui sont en dehors du campus, pour avoir une perspective indépendante, objective et neutre. »
Du côté de l’administration universitaire, Rock défend toujours le processus établi comme étant ouvert et influençable par la communauté universitaire. « Nous avons invité la FÉUO et la GSAÉD à faire part de leur opinion là-dessus durant le processus et finalement, je dirais également que nous avons l’intention de partager le rapport avec eux afin qu’ils puissent donner encore leur opinion », affirme Rock avant de qualifier de « majeure » l’influence potentielle des associations étudiantes.
Cette consultation a posteriori ne plaît ni à Beaulière ni à Horton, dubitatifs devant la réelle influence qu’ils pourront avoir sur un document complet et cohérent en soi. « Si la consultation consiste à rendre public le document, à avoir quelques discussions avec l’Université pour ensuite prendre le résultat et décider derrière des portes closes, pour pouvoir dire par la suite «on a écouté les étudiants», ce n’est pas acceptable. Ce qu’il aurait vraiment fallu, c’est qu’on puisse dès le départ travailler avec l’Université pendant l’ensemble du processus », dénonce Beaulière.
Que faire pour corriger la situation alors? De l’avis des deux élus, il est simplement trop tard pour changer quoi que ce soit. « C’est un document qui va être final, essentiellement. Les chances qu’on puisse apporter des changements importants sont minces. On avait tout intérêt à travailler ensemble et on s’explique vraiment mal le fait qu’ils nous aient exclus du processus. Qu’est-ce qui peut avoir causé cela, la méfiance ou le mépris?
Dans les deux cas, c’est déplorable et ça nous déçoit profondément », poursuit le commissaire à l’externe de la GSAÉD.
Accès difficile aux documents
En plus de la question des sièges au sein des comités, c’est aussi la quasi impossible récolte d’information qui fâche Beaulière et Horton. Lorsqu’ils se sont rendu compte qu’ils ne pourraient faire partie intégrante de la démarche, ils ont changé de tactique. « Je me suis mis à envoyer des lettres et des courriels à chaque faculté et aux étudiants qui ont un siège dans les conseils de faculté pour leur demander une copie des rapports facultaires et de leurs recommandations. Mais de presque toutes les facultés, j’ai n’ai rien reçu », raconte Horton, visiblement interloqué. Le vice-président aux affaires universitaires de la FÉUO affirme avoir reçu directement le plan préliminaire de la faculté de Médecine et un résumé de celui de la faculté des Arts « par hasard ». Pour le reste, et à part un refus net de la faculté de Sciences sociales, «c’était le silence».
Déterminé à obtenir des informations avant la présentation finale du plan d’optimisation, Horton aurait alors complété une demande légale d’accès à l’information, processus destiné à rendre plus transparentes les institutions publiques. Selon lui, ce fut une enfilade labyrinthique de délais. « Premièrement, ils ont 30 jours pour répondre. Après les 30 jours, ils ont demandé une prolongation de 60 jours.
Après la prolongation, j’ai reçu une lettre disant qu’ils avaient l’intention de le publier dans deux mois, et donc qu’ils n’avaient plus le besoin de me donner de l’information », a-t-il confié à La Rotonde.


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Historique et systémique comme comportement malheureusement… jusqu’à preuve du contraire?? Y aura-t-il un jour une plus grande participation étudiante intégrée au système universitaire?