La Rotonde Le journal indépendant de l'Université d'Ottawa.

Michel Bénac, « l’effronté »

par Michel Bénac.

C’est avec le léger retard d’un homme libre que Michel Bénac s’est présenté au rendez-vous. Silhouette élancée, cheveux juste ce qu’il faut dans le vent et regard aux couleurs du drapeau franco-ontarien, l’homme a incontestablement fière allure.

D’emblée, le leader du groupe Swing prévient : « J’ai toujours un peu de mal à me vendre. » L’homme est modeste, sans doute.

« Présentement, Swing est en pause », aussi Michel Bénac se consacre-t-il au tournage de la deuxième saison de l’émission Radart (diffusée prochainement sur TFO). Mais que les admirateurs se rassurent, Michel Bénac et Jean-Philippe Goulet, le duo le plus dynamique de la scène musicale franco-ontarienne, repartent sur les routes en février. «  Notre premier spectacle aura lieu à Gatineau, à la salle Jean-Despréz », une salle que le chanteur apprécie particulièrement.

Pour Bénac, tout commence à l’âge de 16 ans : il vient au monde, artistiquement parlant. Le déclic porte un nom : Michael Jackson. « C’est un peu cliché », concède l’intéressé. Le jeune Bénac rêve de suivre ses traces. Le gamin n’a pas froid aux yeux. Il tente sa chance et se lance dans la musique. Le gars est « fonceur », « effronté » même. Du coup, il entreprend sa carrière musicale tôt, en anglais, sans succès.

Dans la vingtaine, l’artiste décide de prendre du recul. « Je me suis rendu compte que la musique que je faisais n’était pas la mienne. Je copiais les autres. Les gens ne sentaient rien d’authentique. Je n’avais pas encore trouvé mon identité. » Cela n’allait tarder.

Alors étudiant en musique à l’Université d’Ottawa, le jeune artiste eut une idée : « mélanger la musique folklorique canadienne française avec la musique américaine ». Deux styles musicaux qui ont marqué sa vie. Enfant, il écoutait les chants folkloriques de ses grands-parents; adolescent, il vibrait au son des Madonna, Prince et compagnie.

Le pari est osé, le pari est gagné. L’artiste trouve sa voie, en français, avec une musique unique et rassembleuse : le folklore urbain. Le cocktail est détonnant, ça fait bouger, danser, taper du pied.
La consécration arrive en 1999 avec le premier opus de Swing intitulé La chanson s@crée. Aujourd’hui, le duo souffle ses dix bougies d’existence. Dix années de réussites et de voyages, et Swing n’en finit pas de monter en gamme. Tradarnac, le dernier album, est sans conteste le plus abouti.

Promoteur de la Franco-Ontarie

Michel Bénac montre un attachement fort à ses racines. Tant pis pour la carrière pour laquelle « il faudrait accepter d’être Québécois », il se sentirait malhonnête. L’artiste ne fait pas pour autant de sa fierté franco-ontarienne un combat; il se veut « un promoteur de la Franco-Ontarie ». « J’ai le droit d’être fier de qui je suis. Je trouve dommage que les gens renient leur héritage », explique-t-il avant d’ajouter : «
Au passage, je n’aime pas l’expression “Franco-ontarien”. Je n’aime pas me faire dire que je suis deux choses. Moi, je suis un Ontarois! »

Bénac est avant tout un homme libre qui n’a rien perdu de sa fougue d’antan. L’œil malicieux et le propos généreux, l’homme a bon fond. Le genre d’individu à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession.
« Au début de ma carrière, j’étais arrogant. J’étais le King dans ma tête. Quand j’ai chuté, je suis devenu plus humble. Aujourd’hui, je réalise chaque jour que je suis très chanceux. Je gagne ma vie à faire ce que j’aime. » En effet, Bénac est l’un des rares artistes franco-ontariens à vivre de sa musique. « Ma vie consiste toujours à un certain degré à être créatif », conclut-il, tout sourire.

Bref, Bénac est un homme « heureux ». « Pas encore comblé », précise-t-il. Son prochain rêve? « Avoir des enfants. » Gageons qu’une fois de plus, Michel Bénac sera exaucé.

Laisser un commentaire
Vos commentaires peuvent être utilisés pour publication