Michael Ignatieff de retour aux sources
C’est devant une salle remplie d’étudiants, dont plusieurs partisans, que Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada, a terminé sa tournée des universités canadiennes.
Le 18 janvier dernier, l’« Université canadienne » invitait le politicien à partager avec les étudiants sa vision du Canada d’ici 2017, année du 150e anniversaire du pays. Plusieurs sujets chauds étaient au menu : l’environnement, la prorogation du Parlement, le développement international, l’éducation, sans oublier l’unité nationale.
La place de l’anglais était plus que majoritaire et le français… secondaire. Quelques petites phrases dans la langue de Molière, juste pour dire qu’on ne l’avait pas oubliée, agrémentaient cette conférence qu’on pourrait qualifier d’unilingue anglaise.
Une bonne conscience
« Je suis fier d’être un homme politique, je suis fier d’avoir quitté la vie calme d’un universitaire afin de me présenter comme candidat », a lancé Ignatieff d’entrée de jeu en faisant allusion à sa vie vécue en majeure partie sur les campus universitaires. Il a en outre mentionné être préoccupé par le faible taux de vote chez les jeunes de 18 à 24 ans et admis que la génération Y était « très sceptique face à la politique ». Toutefois, il a rappelé qu’il était essentiel de se présenter aux urnes afin d’élire un gouvernement issu du peuple, et non pas d’une minorité de Canadiens.
Il faut dire que l’évènement n’avait pas lieu à des fins partisanes, mais bien pour discuter du Canada actuel et du futur. Tous les logos et affiches en lien avec un parti politique étaient prohibés. Toutefois, Ignatieff n’a pas manqué de critiquer le premier ministre Harper, qui a mis la clé dans la porte du Parlement le 30 décembre dernier, estimant qu’il agissait à l’encontre de la démocratie.
Des questions…
Les questions posées par les étudiants de l’U d’O étaient songées, sérieuses et très pertinentes. Plusieurs d’entre elles portaient sur l’éducation et sur les fameux frais de scolarité. L’homme à la cravate rouge, sans cravate lors de la conférence, s’est rallié aux étudiants en affirmant qu’il faisait de l’éducation une priorité : « Je ferai tout en mon pouvoir pour augmenter le rythme des investissements reliés à l’éducation. Mais soyons honnêtes entre nous. On a un déficit de 56 milliards sur les bras. Je vous dis où sont mes priorités, mais je ne sais quel gâchis je vais découvrir quand on aura le contrôle des livres. »
Lorsqu’une étudiante lui a posé une question concernant le financement en matière de développement international, Ignatieff lui a répondu qu’il était primordial d’augmenter l’aide internationale, mais de façon responsable. Il a par ailleurs souligné que ce dossier est très problématique, notamment en ce qui a trait à la corruption.
Le chef du Parti libéral s’est bien tiré d’affaire en général, sauf à la question du représentant des jeunes bloquistes de l’U d’O : « Si vous étiez premier ministre du Canada et que le Québec votait Oui à un éventuel référendum sur la souveraineté, quelles seraient vos réactions? » Le chef du Parti libéral s’est montré hésitant : « Ma réaction, en tant que Canadien, serait d’une immense tristesse. Ensuite, cela dépend de la question.
Si la question est claire, posée d’une façon claire, c’est une chose, mais si c’est une question ambiguë, c’est une autre chose. Je n’entre pas dans les hypothèses, moi. » Le chef libéral a continué son explication en apportant le point de vue de la Cour suprême du Canada, qui veut qu’il y ait négociation entre les deux partis dans un tel cas. Il a complété sa réponse en lançant : « Je suis profondément convaincu que les citoyens du Québec ne prendraient jamais une telle décision. » Il va sans dire que les fédéralistes dans la salle étaient bien fiers de cette réponse.


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