Les Ottaviens disent NON à Harper
Samedi dernier, sur la colline parlementaire, des milliers de manifestants ont dénoncé la prorogation du Parlement par le premier ministre Stephen Harper.
L’initiative de manifester contre la décision de Stephen Harper vient du groupe «Le Comité des Canadiens et des Canadiennes contre la prorogation du Parlement», sur Facebook. Les différents rassemblements avaient tous un lien commun : Non, monsieur Harper! Selon un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), plus de 3000 personnes ont manifesté à Ottawa pour que les élus retournent au travail. À travers les “Get to work!”, “Shame!” et “Fight for justice” (« Au travail! », « Honte! » et « Combattons pour la justice! »), les citoyens sont restés calmes et pacifiques. « Il n’y a eu aucun acte de violence, vandalisme ou quelconque. Tout est calme et nous nous attendions à ce que ça se passe ainsi », témoigne l’agent de la GRC.
Les chefs prennent la parole
Des citoyens ont été appelés à témoigner devant une foule massive en face du Parlement. Que ce soit une employée de Nortel, un fonctionnaire du gouvernement ou encore des étudiants, le message était clair : « Non à la prorogation, non à monsieur Harper! » De plus, les chefs des partis libéraux, néo-démocrates et verts ont défilé devant les manifestants en y allant d’un vibrant message contre leurs ennemis conservateurs. C’est Jack Layton qui a été le premier à attaquer Harper en lançant haut et fort : « Le dernier premier ministre anglais à avoir mis la clef dans la porte du Parlement à été exécuté. Je ne demande pas ici qu’on exécute monsieur Harper, mais ne pas réélire le parti conservateur me semble une bonne peine! » La foule était en extase devant monsieur Layton, lui qui a pris un bain de foule après son discours.
Michael Ignatieff a pris le relais quelques instants plus tard et ses paroles n’ont pas eu le même impact que celles de son adversaire politique. Toutefois, la foule a bien accueilli ses propos martelant le premier ministre canadien : « Stephen Harper a misé sur la désillusion du peuple canadien. Eh bien on voit aujourd’hui qu’il a perdu son pari. Le pouvoir est au peuple, pas à vous, monsieur Harper! », a-t-il renchéri. À propos de l’évènement de la journée, Ignatieff a ajouté que le peuple a agit « de manière chaude, chaleureuse et civilisée ».
La chef du Parti vert du Canada a ensuite pris la parole pour quelques instants en rappelant l’action anti-démocratique de Stephen Harper. À la question de savoir ce que les étudiants peuvent faire à la situation, Élisabeth May est catégorique : « Voter! C’est la chose la plus puissante que vous puissiez faire. Le premier ministre Harper ne fait rien sans stratégie […] Il pense que vu le faible taux de participation des jeunes aux élections, il peut tout se permettre, car il compte sur l’inaction des moins de 25 ans. »
De l’U d’O à la colline parlementaire
Si l’idée d’une manifestation contre la prorogation est venue du phénomène Facebook, ce sont toutefois deux étudiants de l’Université d’Ottawa qui ont organisé celle d’Ottawa. En effet, Jesse Root, étudiant de deuxième année en science politique, affirme que la frustration a été le motif de son implication. D’abord membre du groupe Facebook des Canadiens contre la prorogation, il a donné son nom, ainsi que celui de son ami Alex Hill, afin de devenir coordonnateur de la manifestation dans la région de la capitale nationale. Root souligne qu’il est heureux de voir que la Fédération étudiante de l’U d’O a soutenu une motion visant à informer les étudiants de la prorogation. Il se dit aussi vraiment impressionné par le nombre de participants à la manifestation et prévoit plusieurs activités dans les semaines à suivre.


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