Économie universitaire : un hiver peu salé
Le temps relativement doux et le peu de neige tombée sur la capitale jusqu’à présent font bien plaisir aux gestionnaires de l’Université. Déjà, les factures à la centrale thermique sont moins salées qu’à l’habitude. « En novembre, c’était un mois très chaud. Notre consommation de gaz naturel a été coupée en deux comparativement aux mois de novembre des années précédentes. En décembre, on a utilisé 200 000 m3 de gaz naturel de moins », précise Faizal Sudoollah, ingénieur en énergie et environnement au Service des immeubles. La démolition du 120 Université et la rénovation du pavillon Vanier contribuent également à diminuer la consommation du gaz naturel, car le chauffage y est réduit. À ce rythme, les 16 millions $ prévus pour le secteur de l’énergie ne seront probablement pas tous dépensés.
Toujours réutiliser
Coordonnateur du développement durable au Service des immeubles, Jonathan Rausseo se réjouit même de l’hiver du point de vue de l’efficacité énergétique : « On utilise plus d’énergie durant l’hiver, mais on l’utilise de façon plus efficace. Toute l’année, certains locaux, comme ceux où se trouvent les serveurs informatiques, produisent beaucoup de chaleur. Il faut enlever cette chaleur-là, sinon le matériel fond.
L’hiver, c’est bien parce qu’on peut redistribuer cette chaleur à travers tous les édifices, alors que l’été, l’utilisation de cette chaleur n’est pas maximisée, car la demande est moins grande. » Effectivement, le mot-clé à la centrale thermique est la réutilisation de l’énergie. Que ce soit de la chaleur produite par les moteurs des équipements ou lors de la combustion du gaz naturel, l’énergie est toujours capturée et réutilisée afin qu’il n’y ait aucune perte. « C’est comme prendre une auto, mettre un boyau sur le tuyau d’échappement et renvoyer l’énergie dans le moteur », illustre Rausseo.
Système centralisé
Le système de chauffage et de climatisation de l’Université est centralisé et contrôlé à partir de la centrale thermique. D’immenses tuyaux où circulent de l’eau chaude et de la vapeur relient 29 édifices de l’Université afin d’assurer le confort de la communauté étudiante sur plus de quatre millions de pieds carrés. La température de chaque pièce est contrôlée à distance via un système informatique. Plusieurs programmes d’économie d’énergie ont été mis en place au cours des dernières années afin limiter la consommation de gaz naturel, le combustible utilisé pour faire bouillir l’eau. « En 1974, on consommait 11 millions de mètres cubes de gaz naturel et en 2009, on en a consommé huit millions. Pourtant, le campus est trois fois plus gros aujourd’hui » souligne Sudoollah.
Déneiger à la vapeur
Le système de chauffage peut également contribuer à faire disparaitre la neige. Comment? En la faisant fondre. Lors des tempêtes de neige, on transporte la neige jusqu’à la centrale, où elle est versée dans des puits. Ensuite, on y injecte de la vapeur produite à la centrale afin de liquéfier la neige et de l’envoyer dans le système d’égouts. « C’est beaucoup moins cher de faire fondre la neige à la centrale que de payer des camionneurs et des droits d’entreposage. C’est aussi meilleur pour l’environnement, car on utilise moins d’essence », estime Jonathan Rausseo. Le procédé n’a pas encore été utilisé cette année en raison de l’absence d’importantes précipitations.
Accessibilité
Au Centre des étudiants handicapés, on se réjouit du peu de neige tombée, car cela facilite l’accès des étudiants en fauteuil roulant aux bâtiments. Contrairement à l’an dernier où plusieurs étudiants avaient manifesté leur mécontentement en matière de déneigement, aucune plainte formelle n’a encore été déposée cette année, selon la coordonnatrice du Centre, Jessica Serencz. « Cette année, nous n’avons pas trop de difficultés en matière d’accessibilité. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas entendu parler de problèmes majeurs », soutient-elle.


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