Trop tôt pour décider
Seamus Wolfe voit son projet d’autoriser la formation de partis politiques sur le campus de l’Université ralenti, mais pas totalement stoppé, par le Conseil d’administration de la FÉUO. Cette décision du Conseil est judicieuse et démontre la maturité d’une partie de ses membres. En effet, il était clairement prématuré pour le CA d’adopter, dès dimanche dernier, un changement constitutionnel aussi important que celui avancé. Un changement qui métamorphoserait la face de la politique étudiante à l’Université d’Ottawa. Un changement qui modifierait en profondeur la façon dont les gens s’impliquent dans la Fédération qui les représente.
Premièrement, une minorité de ceux qui siègent autour de la table bénéficie de la légitimité nécessaire pour se prononcer sur une telle question. Une décision aussi importante et dont les implications seraient lourdes de conséquences doit être prise par l’ensemble des membres de la Fédération. En ce sens, la position de Guillaume Pelegrin, directeur de la faculté de Common Law, semble être la plus valide. Même s’il se positionne en faveur d’une telle modification constitutionnelle, ce dernier reconnaît que le Conseil n’a pas la légitimité nécessaire pour approuver un tel changement, et surtout pas dans un contexte d’empressement. Il devrait donc revenir aux membres, par voix de référendum, de se prononcer sur le bien-fondé d’un tel changement des mœurs politiques.
Deuxièmement, le spectre de la contestation des dernières élections ainsi que le dérapage du Conseil d’arbitrage étudiant version 1.0 flotte encore au Conseil d’administration. En effet, plusieurs de ses membres ont été impliqués de près dans toute cette histoire. Il est donc préférable que les gens ayant fait l’objet d’allégations de coalition électorale par le passé ne se prononcent pas sur des amendements permettant une telle pratique. De plus, on peut présumer que plusieurs des divers élus autour de la table se représenteront aux prochaines élections générales en février. Il serait donc difficilement explicable qu’un nombre aussi restreint d’étudiants, ayant de surcroît un intérêt marqué en faveur ou en défaveur d’un tel changement, se choisissent des règlements électoraux. On revient à la situation qui s’est produite à de si nombreuses reprises l’an dernier, quand les élus contestés et leurs bénévoles votaient sans gêne aucune afin de moduler leur processus juridique d’appel. Même si tous les directeurs, sans exception, ont été choisis par les étudiants pour les représenter, il s’agirait d’un conflit d’intérêt trop évident s’ils décidaient d’un pareil amendement à la constitution.
D’un point de vue plus technique, il est troublant de constater les contradictions de Seamus Wolfe, président de la Fédération. Comment celui-ci peut-il affirmer que la disposition des motions dans la proposition d’ordre du jour respecte l’ordre chronologique de leur réception, alors que Michelle Lamarche, v-p aux affaires étudiantes, a clairement établi que sa motion avait été envoyée après celles de Guillaume Pelegrin? L’explication d’un Wolfe bafouillant ne convainc pas. Peut-on penser que de reléguer les motions du représentant de Common Law à la fin de l’ordre du jour fasse partie d’une tentative de ralentir le débat et les procédures entourant celles-ci?


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