Le Nègre Éditeur, funambule tricéphale
Il est difficile d’entendre parler du monde de l’édition autrement que par des noms comme Gallimard, Boréal, Prise de paroles et Seuil. Pour tout écrivain débutant, prestige rime avec intouchable. Si l’univers de la publication leur est aussi fermé, quelle possibilité reste-t-il pour ces auteurs en mal de parution ?
C’est une question que se sont posée les quatre fondateurs d’une maison d’édition récente au concept tricéphale: Le Nègre Éditeur. Fondée il y a deux ans par Paap Macodou (bourse du Centre national du livre de Paris), la maison est tenue par quatre passionnés de littérature et d’écriture. Sa spécialité ? Trois centres pour illustrer trois réalités différentes de la francophonie. Sacha Poitras, porte-parole de la maison, commente : « On parle souvent d’une culture de la francophonie plurielle. C’est une vision qui nous fait sourire, car c’est un pléonasme : le mode de vie est différent, mais c’est la même langue. » Le Nègre Éditeur est donc diffusé dans plusieurs villes de France, plusieurs centres francophones d’Afrique et du Canada.
Étudiant en doctorat de lettres françaises, le porte-parole connaît bien le stéréotype qui consiste à voir dans deux cultures comme deux étrangères qui sont pour lui « deux funambules, agiles et solidaires ». Le Nègre Éditeur est donc une quête de l’international, qui « nous emmène à l’étranger et nous le révèle », une autre manière de se révéler ailleurs.
Une porte pour les auteurs inconnus
Tous les auteurs inconnus qui tentent de percer vous le diront : la publication est un long et douloureux cauchemar. Or, alors que les maisons d’édition classiques « sont menées par le vedettariat », selon Sacha Poitras, le Nègre Éditeur se donne la mission de découvrir de nouveaux talents. Bien que les auteurs publiés par Le Nègre Éditeur soient encouragés à se pencher sur les soubresauts politiques du monde, cette maison d’édition n’a officiellement qu’un but – diffuser la parole des jeunes auteurs tapis dans l’ombre – et ne suit qu’une politique – l’excellence littéraire. « Poésie, théâtre, roman ou même essai scientifique, peu importe, souligne Sacha Poitras. Tout ce qui compte, c’est la qualité de l’écriture. »
Rien de plus aisé que de présenter son manuscrit à Le Nègre Éditeur, un simple clic de souris par Internet au http://lenegreediteur.blogspot.com vous ouvre une porte à la renommée.
L’avenir et les difficultés
Bien sûr, tout n’est pas tout rose, le Nègre Éditeur éprouve des difficultés, comme toute jeune maison d’édition. « Nous ne voulons pas nous borner à une tour d’ivoire, ou tomber dans le pathos de la petite maison d’édition qui lutte dans son coin. Certes, c’est notre réalité, mais nous ne nous résumons pas à ça », explique Sacha Poitras.
Il n’en reste pas moins que leur avenir semble prometteur, puisque, déjà, l’accueil est très positif, les librairies ayant tendance à soutenir leurs démarches. Pour tous les curieux, les ouvrages publiés au Nègre Éditeur sont disponibles dans quelques librairies ou directement sur leur site web.


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Le nègre-éditeur parle de simple click de souris …
Comment cette maison, ou disons-le tout net Mr Sacha Poitras garant-t-il la sécurité du manuscrit qui lui est soumis en version électronique?
Le jeune auteur ne court-il pas le risque de se faire pigeonner ?
L’envoi d’un manuscrit par la poste s’avère assez coûteux. Le Nègre Éditeur ne souhaite pas que des motifs économiques décident du sort de la littérature. La possibilité d’envoyer un texte par le biais d’Internet permet à tous les auteurs de tenter leur chance auprès du Nègre Éditeur. Nous respectons avec la plus grande rigueur la propriété intellectuelle. Toute publication ou toute diffusion d’un texte se fait avec l’accord préalable de l’auteur.
Sacha Poitras
Représentant au Canada du Nègre Éditeur