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Un style qui ne vieillit pas

Tout comme le Château Laurier, la vente de modes d’antan d’Ottawa cache très bien sa vieillesse. Des vendeurs de partout au Canada seront sur les lieux le 9 novembre prochain pour y vendre des articles vintage véritables. Collectionneurs, amateurs et néophytes s’y donnent rendez-vous année après année. Il y a maintenant 24 ans que l’organisatrice Penelope Whitmore s’occupe de cette vente de modes d’antan. À l’écouter en parler, on croirait qu’elle en est à sa toute première. Plus de 50 collectionneurs privés et commerciaux seront de la partie en cette journée qui est devenue tout un évènement pour le monde de la mode à Ottawa. La Rotonde a rencontré Penelope Whitmore pour en savoir un peu plus sur cet obscur happening.

La Rotonde : Ce sera votre 24e année en tant qu’organisatrice. Comment ce concept est-il né et, plus précisément, comment survit-il d’année en année ?

Penelope Whitmore : En toute réalité, je dois admettre que c’est le bouche-à-oreille qui le fait survivre. Les vendeurs se donnent tous le mot et ils me contactent avec ponctualité. Dès le tout début, la vente était axée sur les vendeurs et les acheteurs de la ville d’Ottawa. Je n’avais que 12 vendeurs la première année. Il faut se rappeler que c’était bien avant l’Internet ! Cette année par exemple, j’avais des gens de la Nouvelle-Écosse et de la France qui m’appelaient déjà très tôt pour savoir à quelle date l’évènement aurait lieu. Je cherche toujours de nouvelles personnes pour participer à la vente, mais d’habitude c’est eux qui me trouvent et non pas le contraire.

LR : Pourquoi avez-vous choisi le Château Laurier comme emplacement ?
PW : Ma première vente se trouvait à l’hôtel Beacon Arms sur la rue Albert, mais j’ai vite décidé que ce n’était pas l’endroit idéal. Le club de comédie Yuk-Yuk’s avait emménagé au sous-sol et l’atmosphère n’était pas propice à une vente vintage. C’est l’année d’après que j’ai décidé de louer une pièce dans le Château. Je me suis dit, l’endroit porte une certaine importance historique, tout comme mes vêtements et ceux des vendeurs. Maintenant, on a trois salles avec plus de 45 vendeurs ! Mais ça n’a pas toujours été comme ça, au début, la salle était toute petite et pleine à craquer de gens.

LR : Quel genre de clientèle attirez-vous habituellement avec cette vente ?
PW : J’aimerais dire qu’il y a un peu de tout pour tout le monde. C’est un évènement plaisant, tout près du centre-ville où les gens peuvent venir faire une petite marche. Des gens de tous les âges viennent y flâner. Les plus vieux et les plus jeunes sauront apprécier les différents articles. Je dirais quand même qu’il y a plus d’étudiants de l’Université d’Ottawa que de Carleton qui viennent à cause de leur proximité.

LR : Vous savez sûrement qu’il existe une assez grande variété d’opinion en ce qui concerne le véritable vintage et les vêtements seconde main. Quels articles acceptez-vous ?

PW : Je n’accepte pas les jeans, les lunettes de soleil… bref, j’aime bien que tous les articles soient du véritable vintage. Par cela, je veux dire le linge qui date des années 1900 jusqu’aux années 70. Je n’accepte pas les articles des années 80 et 90 et certainement pas neufs non plus. On se concentre sur les accessoires, la dentelle, les pièces de collection de designers, etc. Je crois qu’il existe une ligne bien tracée entre tout ça. La seule raison pour laquelle j’accepte les vêtements des années 70 est qu’ils sont si hot dans le monde de la mode actuellement. J’aime particulièrement les vêtements en fourrure et les sacoches de cette période.

LR : À quel genre de prix peut-on s’attendre ?

PW : Je crois que ma pièce la plus chère est une robe blanche victorienne faite en dentelle datant des années 20. Elle se vend à 200$, alors comme vous pouvez voir, les prix sont quand même abordables. Toutefois, la majorité des articles sont beaucoup moins chers ! Les vendeurs mettent tant d’effort dans la présentation des vêtements qu’il vaut la peine de payer au prix fort. Encore une fois, les articles sont uniques et une fois vendus, on n’en trouvera jamais un pareil.

LR : D’où vient votre amour pour la mode vintage ?

PW : Lorsque j’étais à l’Université d’Ottawa, c’était très pratique pour moi de me vêtir avec des vêtements seconde main ! Je profitais de prêts étudiants mais je n’avais pas beaucoup d’argent. Surtout, j’aimais bien les vêtements vintage puisqu’ils étaient amusants, même funky ! Je mettais un article et alors on me demandait ’’Pourquoi est-ce que tu portes ça ? Pourquoi achèterais-tu une telle chose ?’’ De mon temps, on demandait beaucoup moins pour ce type de vêtement! J’ai été très chanceuse…

LR : Le monde de la mode prend de plus en plus d’envergure à Ottawa. Que pensez-vous des magasins vintage dans la région ?

PW : Je crois que les magasins qui se sont créé une niche ont très bien réussi leur coup ! Mais je dois admettre que, comme toute entreprise, c’est dur de percer parce que le marché est restreint. Les magasins n’ont pas le même montant de publicité que dans d’autres villes. Moi, je préconise vraiment la sélection avant tout ! Si on vend toujours les mêmes articles, les gens s’en lassent. C’est pourquoi j’aime que mon évènement se fasse une fois par année. Souvent, on me demande : ’’Penelope ! Pourquoi pas le faire deux fois par année ?’’ J’y ai pensé, mais je ne le fais pas. Cela n’aurait sûrement pas le même impact…

La vente de modes d’antan d’Ottawa aura lieu le dimanche 9 novembre 2008 de 10h à 17h au Fairmont Château Laurier situé au 1 rue Rideau. L’entrée est au cout de 7$ et il est fortement encouragé d’apporter un don en argent ou en denrées alimentaires pour la banque alimentaire d’Ottawa.

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